Coralee Smith
La famille de la jeune détenue Ashley Smith, qui s'est enlevé la vie dans un établissement carcéral fédéral en 2007, demeure déterminée à trouver des responsables.
La mère de la jeune Ashley Smith, qui s'est suicidée dans un établissement carcéral fédéral, demande une enquête approfondie. Elle exige que quelqu'un soit tenu responsable de ce décès.
Ashley Smith, une adolescente du Nouveau-Brunswick, s'est suicidée en octobre 2007 pendant qu'elle était détenue dans l'établissement Grand Valley pour femmes, en Ontario. Elle était âgée de 19 ans. Elle avait passé les dernières années de sa vie en milieu carcéral.
La famille Smith a rencontré la presse mercredi, le jour suivant la publication du rapport sévère de l'enquêteur correctionnel sur les circonstances du suicide de cette jeune femme. L'enquêteur Howard Sapers conclut que cette mort aurait pu être évitée si les services correctionnels avaient suivi les règles et si la détenue avait reçu des soins appropriés de santé mentale.
Coralee Smith, la mère d'Ashley, a livré un témoignage émouvant. Elle a l'impression que le système correctionnel avait abandonné sa fille. Elle demande que les agents correctionnels qui ont regardé sa fille mourir soient tenus responsables de sa mort, ainsi que leurs supérieurs et les « bureaucrates sans visage », dit-elle, qui ont établi les règles que les agents correctionnels ont suivies. Mme Smith demande donc à l'enquêteur Sapers de pousser ses recherches plus loin.
Les quatre agents correctionnels en question ont été blanchis en décembre dernier. Coralee Smith et son avocat font appel au ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan. Selon eux, il n'y a aucune raison de laisser tomber cette affaire.
Lorsque l'adolescente tentait de s'enlever la vie par strangulation, ses gardiens n'ont pas bougé, car ils avaient reçu l'ordre de ne pas intervenir aussi longtemps que la jeune fille respirait.
L'ombudsman du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, qui a aussi enquêté sur le parcours d'Ashley Smith, estime pour sa part qu'il est grand temps que la société prenne la santé mentale au sérieux.
« Je pense qu'il y a une plus grande conscience au niveau des autorités publiques. Je crois aussi qu'il y a une nécessité d'une plus grande conscience du public en général de la situation de la santé mentale au Canada et du besoin d'y apporter autant d'attention qu'à n'importe quel problème de santé physique, par exemple », affirme Bernard Richard.
Il reste à voir la réponse du gouvernement fédéral à la requête de la famille Smith pour savoir si l'enquête sur la mort de la jeune fille sera poursuivie. Coralee Smith promet de ne pas cesser ses efforts afin de prévenir d'autres tragédies du même genre.