Équipement de prospection
Le mouvement d'opposition à l'exploration de l'uranium ne s'essouffle pas au Nouveau-Brunswick. Une trentaine de groupes d'environnementalistes unissent leur voix pour demander au gouvernement provincial d'interdire toute prospection et exploitation d'uranium dans la province.
Une trentaine de groupes demandent l'interdiction de la prospection et de l'exploitation d'uranium au Nouveau-Brunswick.
L'uranium est bien présent dans le sous-sol du Nouveau-Brunswick. Les entreprises minières veulent en tirer profit. Depuis la hausse du prix du minerai, les demandes de prospection se multiplient. L'inquiétude de la population augmente aussi.
La présence de radon et d'uranium est déjà un problème dans certains endroits, affirme Inka Milewski, environnementaliste au Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick.
Mme Milewski cite une étude menée par le ministère de la Santé en 1981 dans le village de Harvey, qui démontre des taux trop élevés de ces éléments radioactifs dans les maisons et les puits d'eau potable. Le plus troublant, ajoute-t-elle, est le fait que la population de Harvey n'a jamais été informée.
Inka Milewski
Inka Milewski n'insinue pas que la prospection minière est la cause de la contamination des puits. Elle estime que la province doit faire preuve de la plus grande prudence.
C'est pourquoi le Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick et une trentaine d'autres groupes environnementaux demandent l'arrêt immédiat de toute recherche d'uranium.
« On n'explore pas juste pour explorer. On explore parce que quelque temps dans le futur, on veut développer une mine », indique Tim Van Hinte, porte-parole du groupe Sentinelles Petitcodiac.
« Nous allons continuer d'organiser des forums jusqu'à ce que la province cesse d'encourager ce genre d'activité minière dans notre belle province », soutient Yvonne Devine, membre du Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement est conscient que la question inquiète le public. Le ministre des Ressources naturelles, Donald Arseneault, indique que son ministère va organiser des séances d'information publique afin de faire le point sur la situation et expliquer la réglementation aux gens.
Deux séances sont prévues. L'une aura lieu à Fredericton le 4 juin, l'autre à Moncton le lendemain. Les environnementalistes s'interrogent déjà sur le but de cet exercice.
Le ministre Donald Arseneault
« Est-ce que ça va être l'industrie et le gouvernement qui nous assurent que l'exploration, c'est OK pour notre santé? Est-ce que c'est une session de consultation? », se demande Tim Van Hinte.
Le gouvernement provincial n'a pas l'intention de suivre l'exemple de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique, qui interdisent la prospection d'uranium.
Le ministre Arseneault soutient qu'avec des investissements annuels de 32 millions de dollars pour la recherche des minerais, l'industrie minière est bonne pour l'économie de la province.