Le directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Jean Léger, se dit profondément déçu du manque de respect selon lui démontré de façon répétée par Air Canada pour ses clients francophones de l'ensemble du pays.
Le transporteur aérien a refusé l'embarquement à Halifax d'un passager qui exigeait d'être servi en français.
Le 26 mars dernier, M. Léger voulait prendre un vol à Halifax pour Ottawa. Constatant qu'aucun des trois employés d'Air Canada ne le servait en français, il a utilisé sa caméra vidéo pour documenter cette carence du transporteur.
« Tout ce que je demandais, avec un appareil sur l'épaule, c'était qu'on m'offre un service en français auquel j'avais droit, surtout que c'était un vol pour Ottawa à partir d'Halifax », affirme Jean Léger.
Au dernier appel, toujours effectué en anglais, Jean Léger a présenté sa carte d'embarquement pour monter à bord, mais l'employé l'a écarté et lui a refusé l'accès. Peu après, un superviseur bilingue s'est présenté pour répéter la dernière annonce en français. Il s'est arrêté net quand il a compris que le vol était déjà parti.
Jean Léger
Les employés d'Air Canada ont appelé la GRC, mais les agents de police n'ont pu relier Jean Léger à aucun acte criminel. On peut se demander quel danger ce francophone convaincu représentait pour s'être vu refuser l'embarquement. Il a ensuite été accepté sur un autre vol d'Air Canada.
Isabelle Arthur, porte-parole d'Air Canada, explique pourquoi l'entreprise a soutenu l'attitude de ses agents, pour ensuite accepter l'homme sur un autre vol. « Parce que dans l'intérêt des autres passagers, cela donnait aux gens le temps de se calmer », dit-elle.
Pourtant, lors de l'incident, M. Léger ne s'est jamais montré irrité ni agressif. Il a même remercié l'un des agents. Mais Air Canada reste sur sa position.