John Noseworthy (archives)
Des politiciens de Terre-Neuve-et-Labrador se sont fait rembourser par les contribuables de l'alcool, des oeuvres d'art, des objets de luxe et des abonnements à des matchs de hockey, entre autres choses, révèle le vérificateur général John Noseworthy.
Le vérificateur général de Terre-Neuve-et-Labrador révèle que des politiciens de la province ont dépensé de façon inappropriée 2,2 millions de dollars de 1989 à 2005.
Le vérificateur général a dévoilé ces détails vendredi dans un rapport portant sur les dépenses de 115 politiciens de 1989 à 2005. Il note que la majorité des députés n'ont rien commis de répréhensible.
Toutefois, M. Noseworthy a remarqué plusieurs dépenses hors de l'ordinaire. Par exemple, neuf politiciens membres de trois partis différents ont fait des réclamations pour des achats personnels, notamment des oeuvres d'art, des voyages, des appareils électroniques, de la bijouterie, etc.
Selon le vérificateur général, Paul Dicks, ancien ministre libéral des Finances et de la Justice, a réclamé 59 753 $ en achat d'oeuvres d'art de 1998 à 2000. Il a aussi acheté un stylo Cartier, des livres et de la bijouterie.
Trois politiciens, le progressiste-conservateur Ed Byrne, le libéral Oliver Langdon et l'ancien ministre progressiste-conservateur des Finances Loyola Sullivan, ont tous réclamé le remboursement d'abonnements à des matchs de hockey.
La publication du rapport de M. Noseworthy survient quelques jours avant le déclenchement des élections provinciales.
Accusations de fraude
L'an dernier, le vérificateur général Noseworthy a découvert que cinq politiciens avaient dépensé environ 1,6 million de dollars de plus que le montant auquel ils avaient droit. Il a aussi découvert que l'Assemblée législative a payé 2,6 millions de dollars des objets tels que des aimants de réfrigérateur, des épinglettes et des bagues.
Ed Byrne (archives)
À la suite de ce premier rapport, la police de Terre-Neuve-et-Labrador a entrepris une enquête. Elle a déposé des accusations de fraude contre quatre politiciens, le progressiste-conservateur Ed Byrne, les libéraux Jim Walsh et Wally Andersen, et le néo-démocrate Randy Collins. L'ex-fonctionnaire Bill Murray, directeur des finances de l'Assemblée législative à l'époque, est aussi accusé. Les policiers ne disposaient pas de preuves suffisantes pour accuser le cinquième politicien, le libéral Percy Barrett.
Ce rapport a aussi provoqué une révision en profondeur de la gestion des finances de l'Assemblée législative.
John Noseworthy a passé au peigne fin les dépenses des députés après en avoir reçu l'autorisation par le gouvernement progressiste-conservateur. Les dépenses des députés ne faisaient pas l'objet d'une telle vérification auparavant.