Un compromis froidement accueilli

installations pétrolières Installations pétrolières (archives)

Les premiers ministres des provinces de l'Atlantique accueillent froidement le rapport d'un groupe d'experts qui recommande d'apporter plusieurs modifications au programme de péréquation afin de régler le déséquilibre fiscal.

Ce groupe d'experts, mis sur pied par le gouvernement fédéral, propose de modifier la méthode de calcul de la péréquation. Selon la nouvelle formule, la Nouvelle-Écosse recevrait 99 millions de dollars de plus, le Nouveau-Brunswick 45 millions de plus, l'Île-du-Prince-Édouard 4 millions de plus.

Par contre, Terre-Neuve-et-Labrador, de toutes les provinces, est celle qui aurait le plus à perdre. Elle recevrait 105 millions de dollars de moins. En fait, elle perdrait plus d'argent qu'elle en a gagné en négociant l'accord Atlantique sur les redevances pétrolières.

Le rapport d'un groupe d'experts qui recommande plusieurs modifications au programme de péréquation déçoit les premiers ministres de l'Atlantique.

En effet, l'une des 18 recommandations du rapport propose l'inclusion dans le calcul de la péréquation la moitié des revenus provenant des ressources naturelles non renouvelables des provinces. De plus, les revenus de dix provinces, et non cinq comme c'est le cas actuellement, seraient compris dans ce calcul.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, est abasourdi. Il a déclaré qu'il ne peut croire à quel point sa province serait pénalisée. Toutefois, il ne pense pas que le gouvernement Harper éliminera autant de revenus à sa province.

Pour sa part, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, tient mordicus à ce que tous les revenus tirés des ressources naturelles soient partagés entre les provinces. « Parce que si nous avions le choix entre recevoir de la péréquation ou avoir du pétrole, on prendrait le pétrole, mais ce choix-là n'existe pas », a-t-il expliqué.

Un programme de partage

Danny Williams Le premier ministre Danny Williams

La péréquation existe depuis 1957. Ce programme permet à tous les Canadiens d'avoir les mêmes services de santé, d'éducation et de justice partout au pays en payant à peu près les mêmes impôts.

Le gouvernement fédéral perçoit de l'argent des provinces et le redistribue. Les provinces les plus riches, comme l'Alberta et l'Ontario, paient plus d'argent tandis que les provinces les plus pauvres, comme celle de l'Atlantique, en reçoivent plus.

Les gouvernements des provinces les plus riches ne sont pas toujours enchantés à l'idée de partager leurs revenus avec les provinces les plus démunies.

La balle est dans le camp d'Ottawa

Le rapport du groupe d'expert n'est en fait qu'un rapport, que le gouvernement fédéral a commandé. Il reste à voir quelle suite le premier ministre Harper entend donner à ces recommandations.