Le pétrole à tout prix

Les sables bitumineux parmi les pires projets énergétiques, selon Greenpeace

Menaces climatiques

Un nouveau rapport de Greenpeace sur les pires acteurs dans la lutte aux changements climatiques place les sables bitumineux de l'Alberta au milieu de la liste.

Le rapport dresse le palmarès des 14 plus grands projets d'exploitation énergétique de la planète en les classant selon les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'ils généreront.

Les auteurs, qui ont utilisé des données de l'Agence internationale de l'énergie, se penchent sur ce qu'ils considèrent comme les principaux secteurs de croissance pour la production de combustibles fossiles au cours des prochaines années.

La Chine et l'Australie se retrouvent au sommet du classement - et très loin en avance sur leurs plus proches poursuivants - en raison de l'importante croissance de leur production de charbon.

Les sables bitumineux albertains arrivent en cinquième place, rang qu'ils partagent avec des projets en Irak et aux États-Unis.

Le rapport indique que les sables bitumineux pourraient émettre jusqu'à 420 millions de tonnes de dioxyde de carbone par année d'ici 2020, si l'on additionne les émissions liées à la production et à la consommation du combustible.

Le boom du gaz de schiste aux États-Unis pourrait ajouter quelque 280 millions de tonnes de GES, et l'augmentation des exportations américaines de charbon, un autre 420 millions de tonnes.

Le construction de nouvelles centrales au charbon en Indonésie et la croissance de la production irakienne de pétrole figurent aussi au classement.
Selon le porte-parole de Greenpeace, Keith Stewart, il est important de braquer les projecteurs sur ces mégaprojets énergétiques, parce qu'ils sont toujours en développement et qu'ils pourraient être abandonnés.

« Une fois que les projets sont réalisés et que les infrastructures sont construites, leurs responsables sont moins enclins à les fermer. Il vaut mieux choisir de construire autre chose à la place », a déclaré M. Stewart.

Greenpeace espère que le rapport attirera l'attention du public sur ces projets spécifiques.

M. Stewart affirme que si l'ensemble des 14 projets en développement se concrétisent, il n'y a aucune chance pour que l'objectif de restreindre le réchauffement planétaire à moins de deux degrés soit atteint. Pour de nombreux scientifiques, cette limite de deux degrés constitue le seuil au-delà duquel une catastrophe climatique sera inévitable.