Le gouvernement albertain fustigé pour un communiqué jugé partisan

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, en conférence de presse, le 6 décembre 2012. La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, évoque les « problèmes de déficit importants » que vit la province.

Le gouvernement progressiste-conservateur de l'Alberta (PC) est taxé d'avoir agi de façon contraire à l'éthique en utilisant des fonds publics pour un communiqué critiquant l'opposition.

Le communiqué en question a l'en-tête du gouvernement de l'Alberta, est daté du 6 décembre et s'intitule Le gouvernement Redford livre la marchandise sur les questions qui importent aux Albertains. Alors qu'il énonce les accomplissements du gouvernement durant la dernière session législative, il entame son quatrième paragraphe par « tandis que l'opposition s'est concentrée sur un ordre du jour rempli d'attaques personnelles sans précédent, la première ministre [Alison] Redford et le conseil des ministres sont demeurés concentrés sur les questions qui importent aux Albertains ».

Cette phrase a particulièrement déplu au Nouveau Parti démocratique de l'Alberta (NPD), dont le chef Brian Mason rappelle que le communiqué provient du gouvernement, donc de l'argent des contribuables et non du Parti progressiste-conservateur. M. Mason assure qu'en 12 ans comme élu provincial à l'Assemblée législative, il n'a jamais vu un tel communiqué.

Un expert en communication gouvernementale de l'Université Wilfrid Laurier, Simon Kiss, affirme lui aussi n'avoir jamais vu une telle chose. « Les conservateurs ont jeté les gants parce que le Parti Wildrose les a vraiment fait reculer et a réussi quelques bons coups », a estimé le professeur ontarien.

Le gouvernement a refusé une demande d'entrevue, mais a défendu sa manoeuvre dans un courriel. L'attaché de presse Craig Loewen y a insisté pour dire que la phrase en litige décrit la différence d'insistance entre le gouvernement et l'opposition durant la session législative d'automne.

« Cela n'a rien à voir avec le PC, le NDP, le Wildrose ou le Parti libéral, ça concerne le gouvernement et l'opposition », a martelé M. Loewen. « Quand l'opposition se lève en période de questions, elle interroge le gouvernement (NDLR Souligné dans le courriel) et nous répondons et continuerons de répondre ».

Pour sa part, le greffier législatif David McNeill a affirmé que rien n'interdit à un parti au pouvoir d'utiliser des communiqués gouvernementaux à des fins partisanes. Selon M. McNeill, il revient surtout au public de sanctionner le gouvernement ou non pour cette pratique.

L'expert en communications Simon Kiss se demande d'ailleurs comment réagiront les électeurs à la stratégie des conservateurs de répondre aux attaques partisanes de l'opposition par des attaques partisanes de leur cru.