Allégations de conflit d'intérêts: l'opposition accuse Alison Redford d'avoir menti

Danielle Smith, chef du Wildrose, et le député Rob Anderson parlent des allégations de conflit d'intérêts contre Alison Redford. Danielle Smith, chef du Wildrose, et le député Rob Anderson parlent des allégations de conflit d'intérêts contre Alison Redford.

Le parti Wildrose accuse la première ministre Redford d'avoir menti lorsqu'elle a affirmé n'avoir pas pris la décision qui a octroyé un important contrat au cabinet d'avocats dont fait partie son ex-mari, Robert Hawks.

L'opposition officielle demande une enquête du commissaire à l'éthique. Le Nouveau parti démocratique de l'Alberta presse la première ministre de démissionner en attendant les conclusions de l'enquête.

Alison Redford qui, a déploré ces réactions, a refusé de continuer de s'expliquer sur les allégations qui pèsent contre elle.

Jeudi, la chef de l'opposition Danielle Smith a soutenu que la première ministre n'avait pas dit juste devant l'Assemblée législative la veille.

« En répondant à nos questions, hier, la première ministre Redford a dit, je cite : ''Je n'étais pas ministre de la Justice quand le gouvernement a pris cette décision.'' Ce n'est tout simplement pas vrai. » — Danielle Smith, chef du Wildrose

Le porte-parole du Wildrose pour les Finances, Rob Anderson, est allé plus loin en disant que les propos d'Alison Redford pendant la période des questions étaient un mensonge.

Une chronologie qui sème le doute sur l'affirmation de Redford

Le Wildrose rappelle que Mme Redford a été ministre de la Justice de décembre 2010 à février 2011. C'est au cours de cette période que le gouvernement a enclenché le processus pour choisir une firme d'avocats qui représenterait la province contre l'industrie du tabac, dans une cause où le gouvernement réclame une dizaine de milliards de dollars dépensés pour les soins aux victimes du tabac.

Dans un mémo daté du 14 décembre 2010, dont CBC/Radio-Canada a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, Alison Redford exclut clairement trois firmes et opte pour la firme d'avocats de son ex-mari, Robert Hawks, l'International Tobacco Recovery Lawyers.

Elle écrit en effet dans ce mémo adressé au sous-ministre Ray Bodnarek : « Je remarque que le comité de révision considère que les trois firmes sont capables de s'occuper de l'affaire, elles ont des forces et des faiblesses équivalentes. En considérant les conflits d'intérêts perçus et les conflits d'intérêts actuels, la structure d'un règlement éventuel et l'importance d'un plan de règlement du litige made in Alberta, le meilleur choix sera l'International Tobacco Recovery Lawyers ».

Une autre note de service du ministère de la Justice daté du 2 décembre mentionne : « ci-joint des notes de service numérisées signées qui viennent d'être envoyés aux candidatures qui n'ont pas été retenues ».

Le 6 janvier 2011, Carsten Jensen de la firme International Tobacco Recovery Lawyers a envoyé un courriel à Lorne Merryweather, assistante administrative de Ray Bodnarek. Elle écrit : « Grant et moi avons parlé avant la fête de Noël et nous étions très contents d'apprendre que nous travaillerons avec vous sur cette plainte pour que la province se fasse rembourser ses dépenses en soins de santé. La première étape sera évidemment pour nous de finaliser les termes des provisions ».

Pour le Wildrose, c'est bien la preuve que la décision aurait été prise par Alison Redford, alors ministre de la Justice.

Ligne de défense d'Alison Redford

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, s'est défendue de l'allégation de corruption concernant le choix du cabinet d'avocats de son ancien mari pour mener une poursuite provinciale.  Photo :  CBC

Mercredi, la première ministre s'était défendue en attribuant la décision à son successeur, Verlyn Olsen qui a signé le contrat final. Alison Redford a aussi rappelé que la Loi sur les conflits d'intérêts ne contient aucune clause au sujet d'ex-époux et ne s'applique donc pas au cas de Robert Hawks.

Jeudi, la première ministre a tenu une conférence de presse dans laquelle elle a maintenu sa ligne de défense.

« Je n'ai pas pris cette décision. [...] L'opposition se lève depuis les dernières élections pour avancer des attaques personnelles contre moi, contre ma famille et contre les gens qui auraient des liens avec moi. Malheureusement, c'est la tournure que les discussions ont prise dans cette province. Je ne vais me laisser aller à ça. Ce n'est pas pour cela que les Albertains m'ont élue. Ce n'est pas pour cela qu'ils ont élu un gouvernement progressiste conservateur. » — Alison Redford

Elle a souligné qu'elle ne parlera plus d'allégations soulevées contre elle et a demandé aux journalistes de s'adresser au ministre de la Justice à ce sujet.

Conséquences éventuelles d'une enquête

Si le commissaire à l'éthique établit qu'Alison Redford s'est effectivement placée en situation de conflit d'intérêts, les conséquences pourraient aller de la réprimande à l'exclusion de l'Assemblée législative, en passant par l'amende ou la suspension du droit de vote.

Le Nouveau parti démocratique de l'Alberta estime que la première ministre devrait démissionner pendant au moins la durée de l'enquête du commissaire. « Elle doit démissionner et permettre une enquête indépendante au sujet de ces allégations graves. Il y a eu des accusations graves et maintenant, des preuves montrent son implication. Les Albertains perdent confiance envers leur première ministre et envers tout son gouvernement », dit Brian Mason, le chef le NPD, dans un communiqué.

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