Le syndicat qui représente 2200 employés de XL Foods à Brooks en Alberta réclame une enquête publique sur les conditions de travail dans la plus importante installation de traitement de viande du Canada.
L'usine Lakeside a été fermée le 26 septembre, après la découverte de cas d'infection à la bactérie E. coli.
Mercredi, un douzième cas d'infection canadien lié à de la viande contaminée provenant de l'usine XL Foods a été confirmé, cette fois au Québec. Depuis septembre, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a rappelé quelque 2 000 produits de viande de XL Foods.
La section locale du Syndicat uni des travailleurs de l'alimentation et du commerce a soutenu mercredi que l'usine de XL Foods reste insalubre et non sécuritaire, même si les responsables avaient affirmé la veille avoir mis en place toutes les mesures demandées par l'ACIA.
Le président Doug O'Halloran a par ailleurs indiqué que l'industrie de la viande ne devrait pas s'autoréglementer. Selon lui, il n'y a pas assez d'inspecteurs à l'usine de Brooks, et ceux qui sont sur place n'ont pas l'autorité pour ordonner une fermeture en cas de problème.
Une déclaration publiée sur le site Internet du syndicat mentionne encore des toilettes sales et des égouts défaillants. « On demande trop aux employés, car Lakeside semble plus préoccupée de la quantité que de la qualité de la viande produite », poursuit le communiqué .
Selon M. O'Halloran, la cadence de la chaîne de production est trop élevée pour permettre de vérifier adéquatement la propreté des équipements et de la viande. Il a ajouté que la direction de l'établissement n'avait pas voulu collaborer avec le syndicat pour s'assurer que tous les travailleurs reçoivent la formation appropriée.
Par voie de communiqué publié mercredi soir, l'entreprise albertaine a réagi en disant que la cadence de la chaîne de production était moins élevée que la moyenne pour une usine de cette taille et que le travail s'effectuait à l'intérieur des normes réglementaires.
« Je m'attriste de voir que le syndicat a choisi d'attaquer le travail de ses membres. Nous avons d'importants programmes de formation pour les nouveaux employés et avons la plus grande considération pour leur travail », a précisé le co-PDG de XL Foods, Brian Nilsson, se disant toujours prêt à discuter avec le syndicat et les employés.
Critique cinglante de l'opposition officielle
La chef du Parti Wildrose, Danielle Smith, a de son côté blâmé XL Foods pour l'insalubrité et les infections à l'E. coli liées à son usine de Brooks. Elle estime que le silence de l'entreprise a été dévastateur.
« Je pense que XL Foods a échoué dans sa communication avec le public. J'aimerais voir quelqu'un de cette entreprise se tenir debout dans une conférence de presse aux côtés des régulateurs. Les responsables devraient parler de ce qu'ils font pour restaurer la confiance, démontrer à la population qu'ils prennent le problème au sérieux et s'en excuser », dit Mme Smith.