L'entraînement militaire international Maple Flag : l'après-Libye

L'entraînement aérien Maple Flag à Cold Lake L'entraînement aérien Maple Flag à la base militaire de Cold Lake, en Alberta (archives).

De retour après une année d'absence, l'entraînement militaire aérien mené au-dessus de la municipalité albertaine de Cold Lake est visiblement teinté de l'expérience des forces de l'OTAN en Libye.

Les membres des forces aériennes internationales qui ont participé à la mission de l'OTAN en Libye l'an dernier confirment l'importance que revêt le 45e Maple Flag, qui a commencé le 28 mai dernier et qui se termine vendredi.

« On a déjà échangé tactiquement. Cela permet après d'un peu mieux se connaître et de savoir tel et tel pays, ce qu'ils emploient comme tactique [...] Du coup, on a plus de facilité à travailler avec eux », explique le capitaine Damien Bouchard, de l'armée de l'air française.

Son homologue de l'Aviation royale canadienne, le capitaine Denis Beaulieu, abonde dans le même sens.

« Les conflits ou les opérations dans lesquels le Canada va être appelé à participer, c'est avec des forces de coalition la plupart du temps [...] Donc c'est important de s'entraîner avec ces pays-là pour apprendre la façon d'opérer de chaque pays et avoir une bonne intégration de tout ça. Ainsi, quand on arrive pour les vraies opérations, ça se passe de façon beaucoup plus fluide, beaucoup plus facile », expose le pilote de CF-18, au sein du 425e Escadron Alouette.

La Libye a révélé l'importance des exercices de ravitaillement

Si les membres d'équipages des appareils Hercules canadiens sont habitués au ravitaillement d'appareils CF-18 en plein vol, la manoeuvre se complique lorsqu'il s'agit d'avions Mirage français.

« Plus nous menons ce genre d'exercice, plus nous nous familiarisons avec ce que ces engins peuvent faire ou pas », décrit le capitaine Marc Boudreau, un pilote du 435e Escadron.

Comme ils l'ont fait durant l'opération « Protecteur unifié », les forces de l'Alliance atlantique interviennent de plus en plus loin de leurs bases et le ravitaillement en plein vol devient plus fréquent. Cela confère une importance particulière au retour du Maple Flag, confirment les représentants des forces armées internationales présentes en Alberta.

En outre, ce retour ramène un attrait dans la municipalité, indique le commandant de la base de Cold Lake.

« Non seulement pour le cachet international que ça donne à la région, mais pour l'aspect économique aussi : cela a des retombées significatives [...] pour les hôteliers, pour les restaurateurs », estime le colonel Patrice Laroche, qui dirige la 4e Escadre.

L'an dernier, les restaurants, hôtels et commerces de la municipalité avaient souffert de l'absence des milliers de militaires qu'ils croyaient voir converger vers Cold Lake. Un gérant d'hôtel avait affirmé que l'entraînement aérien injectait pas moins de 300 000 $ dans ses coffres.

D'après un reportage de Sylvain Bascaron