Les ours transférés vers les zones éloignées de la povince meurent prématurément, selon des groupes écologistes.
Photo : PC/Steve Michel/Parcs Canada
Des groupes écologistes s'inquiètent de l'augmentation du nombre de grizzlis capturés et transférés loin des zones habitées de l'Alberta.
Vingt-quatre grizzlis ont été déménagés en 2011, contre 13 en 2010 et 16 en 2009, selon un rapport publié par le gouvernement albertain.
« Le nombre de transferts de l'an dernier était très élevé », a affirmé Nigel Douglas, un spécialiste de la conservation de la faune du Alberta Wilderness Association. « Étant une espèce qui est menacée et qui est censée reprendre des forces, ce n'est pas juste de déplacer les ours qui posent problème. Ils devraient s'attarder à ce qui attire les ours. »
Les groupes écologistes ont affirmé qu'il semblerait que les grizzlis cherchent à se nourrir de la manière la plus rapide et facile possible. Ils se nourriraient donc souvent du grain qui fuit des greniers ou de bovins provenant de cheptels. Les groupes croient que le gouvernement devrait contrôler l'accès à ces sources de nourriture.
Il y a quelques années, le gouvernement provincial avait interdit la chasse aux grizzlis et déclaré que cet animal était menacé parce qu'il en restait moins de 700.
Cinq grizzlis de l'Alberta ont été tués en 2012, seulement quelques semaines après être sortis de leur hibernation. Deux d'entre eux ont été la proie d'un braconnier et un autre a été tué lors d'un cas de légitime défense. Le quatrième de ces ours a été tué par un autre et le dernier est mort happé par un véhicule.
Les ours déménagés meurent prématurément
Bien que les ours soient transférés pour assurer la sécurité des humains, une étude a démontré que les grizzlis déménagés meurent de façon prématurée, en général. L'étude révèle que 38 % de ces bêtes meurent en l'espace de deux ans.
« Capturer les ours et les déplacer ne s'attaque pas à la racine du problème et n'aide pas à trouver une solution pour éviter que les ours et les humains entrent en conflit », a affirmé une agente de la Société pour la nature et les parcs du Canada, Sarah Elmeligi. « Seul un programme financé par le gouvernement pourrait aider les propriétaires de terres à réduire leur utilisation de ce qui attire les ours, afin de créer des solutions durables, qui protègent les ours et les humains. »
Un porte-parole du ministère de l'Environnement et du développement durable, Dave Ealey, a pour sa part affirmé que le déplacement de ces bêtes est la meilleure manière de gérer les problèmes d'ours.
« Nous ne parlons pas de le faire régulièrement », a souligné M. Ealey. « Nous ne déplacerions pas un ours, sauf si le potentiel de problèmes est élevé ou si un incident a déjà eu lieu. »
La province s'affaire à implanter des actions à petite échelle pour restreindre l'accès à la nourriture qui attire les ours. Des mesures comme des clôtures électriques et des cellules à grain à l'épreuve des ours font partie du projet gouvernemental.