Intimidations et « culture de la peur » confirmées au sein du système de santé albertain

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Les médecins albertains ont dû supporter une « culture de la peur » et certains ont subi des intimidations, selon le rapport du Conseil de la qualité des soins, qui reconnaît aussi que le temps d'attente aux urgences est toujours trop long.

Le Conseil sur la qualité des soins avait lancé cette enquête à la suite de nombreuses allégations d'intimidation de médecins dans le système de santé. L'opposition unanime ainsi que l'association médicale de l'Alberta avaient demandé une enquête publique plus ambitieuse, qui aurait notamment eu les moyens de convoquer des témoins.

Le rapport affirme cependant que personne n'est mort en raison des temps d'attente, que ce soit aux urgences ou pour des opérations chirurgicales du poumon.

De plus, aucune preuve ne permet de conclure que des médecins ont été punis ou poussés à quitter la province parce qu'ils s'étaient plaints du temps d'attente pour les patients atteints de cancer du poumon, affirme le Conseil. Aucun comportement illégal n'a été relevé non plus.

Le rapport contredit ainsi les accusations portées par l'ancien ministre adjoint de la Santé Raj Sherman concernant les opérations du poumon à Edmonton.

Le Conseil estime qu'une enquête publique n'est pas nécessaire, mais formule 21 recommandations. Il demande en particulier que les temps d'attente aux urgences soient réduits.

« De nombreux patients ont dû attendre dix ou vingt fois plus longtemps que les objectifs canadiens », a noté le Dr John Cowell, PDG du Conseil de la qualité des soins.

La centralisation montrée du doigt

Concernant le climat au sein du système de santé, le Conseil recommande qu'une « culture juste » soit créée afin que les médecins puissent savoir comment faire valoir leurs inquiétudes ou leurs plaintes. Il demande aussi que l'organisation hiérarchique protège les médecins qui ont formulé des plaintes.

« L'intimidation des médecins est un vrai phénomène en Alberta », a commenté John Cowell.

Le rapport explique ce phénomène par la centralisation opérée au sein des services de santé albertains et demande qu'aucun changement important ne soit décidé sans que tous les acteurs soient clairement consultés.

Vers une enquête publique

Le gouvernement a répondu qu'il avait besoin de temps pour étudier le rapport, mais il a déjà confirmé sa promesse d'organiser une enquête publique.

L'opposition a de nouveau insisté sur la nécessité de mener cette enquête afin de faire la lumière sur l'ensemble du dossier. Le Conseil de la qualité des soins n'a pas « désigné la source » de l'intimidation, a regretté le chef du NDP Brian Mason.

Il a demandé que l'ancien ministre de la Santé Ron Liepert, à l'origine de la centralisation des services de santé, démissionne de son poste actuel de ministre des Finances. L'opposition libérale officielle a aussi demandé que des responsables soient désignés et sanctionnés.

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