Des manques pour les soins de longue durée en français en Alberta

Eugène Trottier reçoit des soins de longue durée dans un établissement anglophone Eugène Trottier reçoit des soins de longue durée dans un établissement anglophone

La famille d'Eugène Trottier, animateur de longue date de la communauté francophone de l'Alberta, ne parvient pas à lui trouver une place dans un établissement de soins de longue durée en français.

Eugène Trottier, qui a presque 90 ans, est donc hébergé dans un établissement où le personnel parle seulement anglais. Selon sa fille Paulette, la communication est difficile, parce que Eugène Trottier ne parle pas anglais.

« Quelqu'un comme papa, qui a eu l'habitude à faire partie d'une communauté, il est fourré un peu dans un coin », regrette-t-elle.

Son autre fille, Lisette, ajoute qu'en parlant de santé dans une autre langue, les chances de faire des erreurs, de mal s'exprimer ou de ne pas se faire comprendre sont beaucoup plus grandes, et que ces difficultés sont rencontrées quotidiennement.

Les deux femmes ont peu d'espoir de voir leur père terminer sa vie en français, mais elles ont décidé de témoigner de leur situation afin de changer les choses.

« On aimerait que si c'est trop tard pour nous, ça [ne]soit pas trop tard pour les autres. » — Paulette Trottier

Eugène Trottier, qui a passé une bonne partie de sa vie à aider la communauté francophone de l'Alberta à s'organiser, y croit aussi. « Si on est capables de réaliser tout ce qui c'est réalisé dans le quartier de Bonnie Doon, avec le Campus, avec la paroisse, avec la Cité... Je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas se faire », témoigne-t-il.

Un Français au service des francophones albertainsEugène Trottier est d'origine française. Il est arrivé à Edmonton en 1952 et il a passé une bonne partie de sa vie à travailler au service de la communauté. Il a même été le premier salarié de l'Association canadienne-française de l'Alberta. Le premier prix d'excellence de l'association porte d'ailleurs son nom. Il est remis chaque année en reconnaissance d'une contribution à la visibilité des Franco-Albertains.