Un rapport interne blanchit le département d'État dans le dossier Keystone XL

Installations pétrolières en Alberta. Keystone XL relierait au Texas le terminal pétrolier d'Hardisty, en Alberta.   © PC/Larry MacDougal

Le vérificateur interne du département d'État américain a blanchi jeudi l'agence de toute irrégularité dans le controversé dossier d'octroi d'un permis pour un oléoduc qui était projeté par TransCanada.

Dans un rapport déposé au Congrès américain, le vérificateur général du département d'État a déclaré qu'il n'avait trouvé aucune preuve voulant que des employés du département aient été influencés de manière inappropriée par TransCanada, lorsqu'ils ont sélectionné une tierce partie pour réaliser une analyse environnementale, contrairement aux allégations des opposants au projet.

Le vérificateur général a aussi conclu qu'il n'existait aucun conflit d'intérêts entre l'entrepreneur, Cardno Entrix, le département d'État, TransCanada et les autres agences fédérales pour lesquelles l'entreprise a oeuvré.

Victoria Nuland, une porte-parole du département d'État, a mentionné jeudi que le rapport avait déterminé que « le département d'État avait réalisé une étude exhaustive, rigoureuse, et transparente de l'impact environnemental du projet proposé ».

Le projet de pipeline Keystone XL aurait transporté du pétrole provenant des sables bitumineux albertains aux raffineries situées le long de la côte du golfe du Mexique au Texas.

TransCanada a répondu par voie de communiqué qu'elle était satisfaite des conclusions du rapport.

Tracé existant et tracé projeté du pipeline Tracé existant et tracé projeté du pipeline   © TransCanada

Deux législateurs, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et le représentant démocrate du Tennessee Steve Cohen, avaient exigé une enquête interne et supplié le président Barack Obama d'attendre la conclusion de celle-ci avant de prendre une décision dans ce dossier. La demande a toutefois paru futile lorsque le président, à la suggestion du département d'État, a rejeté le projet d'oléoduc de Keystone XL en janvier.

Les républicains ont tenté de lui forcer la main afin d'obtenir son aval, tandis que les écologistes fourbissaient leurs armes pour empêcher ce projet évalué à 7,6 milliards de dollars américains.

L'explication offerte par l'administration Obama se résumait à l'impossibilité, en vertu d'une date limite déterminée par les républicains, d'étudier les conséquences environnementales des tracés alternatifs qui auraient évité de traverser une nappe aquifère au Nebraska.

Outre le Nebraska, l'oléoduc aurait traversé le Montana, le Dakota du Sud, le Kansas, l'Oklahoma et le Texas, en direction du golfe du Mexique.

Cependant, les républicains ont accusé l'administration Obama de s'acoquiner avec les écologistes dans le contexte d'une année électorale.

Si le rapport blanchit le département des allégations de malversations, les opposants à l'oléoduc et ceux qui souhaitent forcer son adoption par le Congrès ont rapidement souligné que le vérificateur général avait déterminé que le département d'État responsable des études environnementales manquait d'expertise et de ressources.

De plus, le vérificateur général a déterminé que ni TransCanada, ni le département n'avaient enquêté sur les allégations de conflits d'intérêts de Cardno Entrix, un enjeu qui serait bientôt réglé selon les dirigeants du département d'État américain.

Associated Press