Sables bitumineux en Alberta (archives)
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AP Photo/Jeff McIntosh
Le nouveau système de surveillance environnementale pour l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta est bien accueilli par les environnementalistes et l'industrie, mais suscite des critiques.
Cette stratégie, annoncée par le ministre fédéral de l'Environnement, Peter Kent, et son homologue albertaine, Diana McQueen, arrive après que des rapports de groupes experts commandés séparément par les gouvernements fédéral et provincial eurent montré que le système de surveillance actuel était insuffisant.
Le système sera mis en oeuvre graduellement sur trois ans, ont annoncé les gouvernements, et comprendra dès ce printemps un accroissement des analyses de la qualité de l'eau et de l'air. Il surveillera aussi les substances chimiques utilisées par les compagnies d'exploitation des sables bitumineux.
Ce sont des fonctionnaires qui seront chargés de faire les évaluations plutôt qu'une agence indépendante comme le recommandaient des rapports remis aux deux gouvernements.
Le ministre Kent a décrit le système de surveillance annoncé comme étant « l'un des systèmes de surveillance visant les sables bitumineux le plus transparent et responsable au monde ».
Bien accueillie, mais insuffisante
Certains groupes environnementalistes, dont l'Institut Pembina, parlent de « pas dans la bonne direction », tout en souhaitant un rôle plus important pour les scientifiques indépendants dans la collecte et l'analyse de données.
Le groupe s'inquiète aussi que des projets d'exploitation de sables bitumineux présentement à l'étude ne soient approuvés avant la mise en place finale du système d'évaluation environnementale dans trois ans.
L'Alberta Wilderness Association, estime pour sa part que la nouvelle stratégie est une étape importante, mais insuffisante.
Ils soulignent que les communautés autochtones vivant dans la région des sables bitumineux n'ont pas été consultées. Ces communautés se plaignent depuis longtemps de problèmes de santé liés à la contamination des eaux et du sol et de l'air par l'exploitation des sables bitumineux.
L'Association des producteurs pétroliers du Canada a quant à elle bien accueilli le système de surveillance environnementale, mais demande aux gouvernements de travailler ensemble afin d'harmoniser leurs exigences pour la collecte de données.
Un nouveau système né de rapports accablants
En juillet dernier, le comité de surveillance environnementale de l'Alberta avait recommandé au gouvernement provincial de créer une commission indépendante pour surveiller plus rigoureusement l'exploitation des sables bitumineux.
Quelques jours plus tard, le gouvernement fédéral annonçait la mise en place d'un système de surveillance environnementale de l'exploitation des sables bitumineux à la suite d'un rapport rendu en décembre 2010 qui déplorait que le Canada ne disposait d'aucun suivi environnemental efficace pour encadrer cette industrie.
Contexte délicat pour l'industrie
La nouvelle stratégie arrive quelques semaines après le rejet par le gouvernement américain du tracé initial proposé par TransCanada pour son projet de pipeline Keystone XL entre l'Alberta et les côtes du Texas.
L'Union européenne, quant à elle, évalue des mesures qui pénaliseraient les combustibles à teneur élevée en carbone, ce qui inclurait le pétrole provenant des sables bitumineux.
La pollution due à l'exploitation des sables bitumineux fait la manchette un peu partout dans le monde, particulièrement depuis la publication en 2009 d'un rapport accablant de David Schindler de l'Université de l'Alberta, qui démontrait que la pollution générée par les sables bitumineux était cinq fois plus importante et deux fois plus répandue que ce que prétendaient les représentants de l'industrie.