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Le gouvernement fédéral et les provinces canadiennes paient 2,4 milliards de dollars par année pour offrir des services bilingues, selon une étude de l'Institut Fraser publiée lundi.
Selon l'Institut, les provinces dépensent à elles seules près de 900 millions de dollars par année pour offrir des services bilingues à leurs citoyens. Le gouvernement fédéral dépense quant à lui 1,5 milliard de dollars.
Au total, les contribuables canadiens payent 85 $ pour ces services, soutiennent les chercheurs de l'Institut Fraser.
François Vaillancourt, professeur d'économie à l'Université de Montréal et coauteur de l'étude, estime que ces coûts pourraient être réduits en faisant davantage appel aux services privés de traduction.
Selon les données avancées par l'Institut Fraser, reconnu pour ses positions de droite, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick consacrent respectivement 623 et 85 millions de dollars par an à la prestation de services en français à leur minorité francophone.
Le Québec, pour sa part, ne dépenserait que 50 millions de dollars pour les services en anglais.
Dans la plupart des provinces, toutefois, c'est l'enseignement en français qui absorbe la plus grande part des dépenses en termes de services bilingues. Les coûts de transport sont entre autres beaucoup plus élevés pour chaque élève francophone puisqu'il y a beaucoup moins d'écoles françaises sur le même territoire.
Une étude critiquée
Cette étude sur le bilinguisme, qui tient compte également des services offerts aux anglophones du Québec, en a fait réagir plus d'un.
Le professeur d'études politiques de l'Université d'Ottawa, François Charbonneau, croit que l'étude menée par l'Institut Fraser ne présente pas bien les chiffres et qu'elle est biaisée.
« Tout ça est farfelu. Cela donne l'impression que c'est un coût absolument astronomique, alors que dans les faits, les coûts du bilinguisme au Canada sont loin d'être aberrants », affirme-t-il.
Le juriste spécialisé sur les questions linguistiques, Michel Doucet, s'interroge lui aussi sur les motivations d'une telle étude qui, selon lui, alimente plutôt les malentendus par rapport aux langues officielles.
« J'ai un peu l'impression qu'on nous dit que si les francophones n'étaient pas là ça coûterait moins cher pour administrer le Canada et la province. C'est comme si on nous disait, s'il n'y avait pas de malades dans les soins de santé ça nous coûterait moins cher », affirme-t-il.
À la lumière de cette étude, la présidente de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Dolorèse Nolette, trouve que trop peu d'argent est alloué au bilinguisme au pays, notamment dans sa province, où le gouvernement finance près de 33 millions de dollars pour des services bilingues.
« Il me semble que c'est un manque d'équité quand on pense qu'on représente quand même au Canada au moins 30 % de la population », dit-elle.