Les corps de Jeffrey et Jeremy Bostick ont été retrouvés dans le sous-sol de leur résidence d'Edmonton le 27 septembre 2009.
Le témoignage de l'ex-conjointe de Jeffrey Bostick à une enquête médico-légale révèle qu'il aurait tué son fils autiste avant de se suicider parce qu'il sentait avoir épuisé toutes ses ressources.
M. Bostick et son fils de 11 ans, Jeremy, ont été retrouvés morts asphyxiés dans une chambre du sous-sol de leur maison à Edmonton, le 27 septembre 2009.
Quelques jours avant leur mort, le gouvernement provincial a annoncé à la famille que l'enfant allait être muté d'un établissement privé vers un foyer de groupe.
La belle-mère de l'enfant, Deena Caputo, a déclaré mardi lors de l'enquête médico-légale que son conjoint de fait avait l'air d'un zombie lorsqu'il a visité le foyer de groupe le 22 septembre 2009. Elle a expliqué que la maison avait des portes magnétiques pour enfermer les enfants dans leur chambre.
Mme Caputo a signalé à la cour que la famille se bataillait constamment pour obtenir de l'aide pour le garçon.
La famille originaire de l'Ontario est déménagée en Alberta en 2006 pour que M. Bostick, lourdement endetté, puisse trouver un emploi et avoir accès à de meilleurs programmes pour enfants handicapés.
Mme Caputo a expliqué que les employés qui sont venus chez elle ne pouvaient revenir soit en raison de manque de financement ou bien parce qu'ils refusaient de travailler à cause du comportement violent de l'enfant.
Un danger pour les autres et pour lui-même
À l'école, a-t-elle raconté, Jeremy était dans une classe spéciale adaptée pour les enfants avec des problèmes de comportement. Il a attaqué trois élèves et un enseignant, se souvient-elle, et il a été hospitalisé.
Il s'est retrouvé à l'hôpital à nouveau lorsqu'il a tenté d'écraser sa tête avec la vitre de la voiture en se rendant à l'école. Il a reçu des médicaments et a été attaché pendant 36 heures dans un lit, a dit Mme Caputo.
Elle a ensuite affirmé qu'un médecin leur avait suggéré de mettre Jeremy en adoption parce que le couple ne pouvait pas éduquer l'enfant.
Elle a ajouté que peu de temps après leur dernière visite à l'urgence en 2008, Jeremy a obtenu une place dans un établissement privé les jours de semaine.
Cependant, il en coûtait à la province 32 000 $ par mois pour garder l'enfant dans cet établissement. C'est pourquoi la province a voulu muter Jeremy vers un foyer de groupe.
Mme Caputo et son conjoint savaient que ce transfert allait nuire à Jeremy ou aux autres enfants du foyer.
Plus de répit pour les familles
Le pédiatre spécialisé en autisme, Keith Goulden, a témoigné que Jeremy avait une forme d'autisme sévère combinée à un trouble d'apprentissage. Il prenait des médicaments et des tranquillisants.
Dr Goulden a déclaré que l'autisme est un trouble difficile et stressant à gérer pour les familles. Le soutien dans l'éducation de l'enfant est l'unique solution, selon lui.
Il a critiqué le peu de répit offert par le gouvernement aux familles d'enfants autistes.