Des scientifiques albertains transforment les restes de vaches en plastique

Vache   © Albert Couillard/Radio-Canada

Des scientifiques de l'Université de l'Alberta ont mis au point une technologie pour transformer les déchets de bovins en matériau plastique.

Cette trouvaille permettrait de redonner une nouvelle valeur industrielle aux protéines animales qui échouent dans les sites d'enfouissement depuis la crise de la vache folle.

Des os, des poils et toutes sortes de résidus des bovins sont fragmentés, puis chimiquement transformés en plastique à usage industriel.

Le professeur associé de la faculté d'Agriculture de l'Université de l'Alberta, David Bressler, utilise l'eau pour briser la protéine dans le cerveau et la moelle épinière de l'animal. Les petits morceaux ainsi formés peuvent être transformés en une espèce de pâte à laquelle d'autres ingrédients sont ajoutés.

La nouvelle technologie est actuellement testée dans un laboratoire, en collaboration avec l'Institut albertain de recherche sur le prion, PrioNet Canada, et l'Agence de bétail et de la viande de l'Alberta. Elle permettrait de transformer 70 % des résidus en plastique, explique le professeur.

Les éleveurs de bovins pourraient regagner les 30 %à 40 % de revenus qu'ils perdent à cause des normes d'alimentation strictes imposées dans la foulée de la crise de la vache folle de 2003. En vertu de ces normes, il n'est plus possible de recycler les résidus animaux.

En Alberta, les producteurs doivent actuellement payer pour enfouir les 500 000 tonnes de carcasses qu'ils produisent chaque semaine.

Le plastique produit grâce à la nouvelle technologie est partiellement biodégradable, précise M. Bressler.

Ce matériau pourrait être utilisé dans la fabrication de nombreux produits, allant de pièces de véhicules à des boîtiers de disques compacts.

Ce plastique pourrait être commercialisé d'ici trois ans, croit M. Bressler.