L'Alberta mécontente d'une possible baisse des visas pour travailleurs qualifiés

Ed Stelmach Le premier ministre albertain Ed Stelmach

Le premier ministre albertain Ed Stelmach estime qu'une réduction du nombre de visas accordés pour les travailleurs qualifiés étrangers serait une mauvaise idée.

Selon des documents fédéraux obtenus par CBC, Ottawa voudrait réduire de 20 % le nombre d'étrangers admis à ce programme.

Il s'agit pour la plupart de travailleurs qui ont des compétences précises dans des domaines pour lesquels il n'y a pas suffisamment de main-d'oeuvre au Canada : des plombiers, des infirmières ou des ingénieurs notamment.

Dans un communiqué diffusé jeudi matin, Citoyenneté et Immigration Canada a confirmé que des modifications grâce au programme étaient proposées.

Une série de consultations doit commencer « dès aujourd'hui » sur ce sujet. Elles seront organisées dans cinq villes, dont Calgary.

Mais Ed Stelmach est déjà réticent : « Je sais que ça reflète un des problèmes en Ontario. Mais nous sommes dans une situation complètement différente », a-t-il répondu à la perspective d'une réduction du nombre de visas.

« Nous ne sommes pas satisfaits
 » — Ed Stelmach

La province aura besoin de travailleurs, affirme le gouvernement provincial. Avec la reprise économique et les départs à la retraite, l'Alberta devra pourvoir 70 000 nouveaux postes entre 2015 et 2018.

Peter Stalenhoef, président de l'entreprise PCL Construction, s'attend déjà à une pénurie de main-d'oeuvre d'ici deux ans. Il se demande d'où viendront les travailleurs dont il aura besoin, comme les ingénieurs.

Selon Paulin Mulatris, codirecteur du Groupe de recherche en inter/transculturalité et immigration du Campus Saint-Jean d'Edmonton, « ça indique une direction que ce gouvernement a essayé de prendre depuis quelques années : essayer de réduire les politiques d'immigration ».

Une richesse pour les communautés francophones

Le chercheur souligne aussi que les travailleurs qualifiés sont aussi une source de richesse pour les communautés francophones minoritaires au Canada et qu'une telle politique pourrait avoir des conséquences néfastes.

« Les communautés francophones en situation minoritaire devraient avoir l'oeil ouvert sur des politiques comme celles-là et prendre position de façon assez forte pour dire que ce sont des politiques qui tuent l'enrichissement ou la revitalisation des communautés », estime-t-il.