Eric Nystrom (gauche) célèbre son but avec ses coéquipiers Brian McGrattan (centre) et Dustin Boyd des Flames de Calgary.
©
PC/Jeff McIntosh
Le gouvernement de l'Alberta enquête pour déterminer comment les joueurs des Flames de Calgary et les membres de leur famille ont pu recevoir le vaccin contre la grippe A (H1N1) la semaine dernière.
Le gouvernement albertain ouvre une enquête pour déterminer pourquoi les joueurs des Flames de Calgary ont reçu le vaccin contre la grippe A (H1N1) la semaine dernière dans une clinique privée.
Les joueurs de hockey ont été immunisés contre la maladie dans une clinique privée, pendant que des milliers de citoyens faisaient la file pour le recevoir et que d'autres repartaient bredouille.
La nouvelle a soulevé un tollé au sein de la population, surtout que depuis, la pénurie de vaccins a entraîné la fermeture de plusieurs cliniques de vaccination.
Les autorités sanitaires de la province ont reconnu mardi qu'une erreur avait été commise et s'en sont excusées.
Le premier ministre albertain, Ed Stelmach, a d'ores et déjà promis de faire la lumière sur cette histoire. « Je ne peux pas spéculer sur ce qui est arrivé, mais nous aurons un rapport complet très prochainement », a-t-il dit.
Le ministre de la Santé de l'Alberta, Ron Liepert, veut savoir si les doses administrées aux hockeyeurs ont été « détournées de façon inappropriée ». Selon ses dires, son ministère est l'unique fournisseur du vaccin dans la province; la seule façon de se procurer des doses est d'obtenir le consentement du médecin hygiéniste en chef de l'Alberta.
Mais ce dernier, Dr André Corriveau, prétend avoir appris la nouvelle en même temps que tout le monde, par l'entremise des médias. Il refuse de commenter davantage puisqu'une enquête est en cours.
Les Flames disent avoir joué franc-jeu
Le président des Flames, Ken King, a dit comprendre la colère des Calgariens. En conférence de presse, mardi, il a expliqué que l'équipe et son personnel médical croyaient bon que les joueurs se fassent immuniser puisque ceux-ci voyagent beaucoup et ont de nombreux contacts physiques entre eux et avec les autres équipes, ce qui est propice à la transmission du virus.
Selon lui, l'équipe a contacté les services de santé de l'Alberta, qui ont donné son feu vert.
La vaccination a eu lieu dans une clinique selon les « recommandations des services de la santé », apprend-on dans un communiqué des Flames. L'équipe soutient que le passage des hockeyeurs dans une clinique grand public aurait pu semer l'émoi.
« Nos joueurs n'ont pas cherché à contourner les files d'attente. Ils n'ont pas demandé de traitement spécial. Ils ont suivi les directives de nos médecins », a défendu M. King.
Il a rappelé qu'à cette date, tous les centres étaient ouverts et que l'on ne parlait pas encore de rupture de stock.
L'opposition monte aux barricades
Cette nouvelle représente un autre coup dur pour le gouvernement albertain, déjà fortement critiqué pour sa gestion du programme de vaccination.
Les députés de l'opposition n'ont d'ailleurs pas manqué d'affirmer que les joueurs de hockey avaient bénéficié d'un traitement spécial en raison de leur statut de vedette.
« Le fait de fournir les vaccins, bon gré, mal gré, à des gens bien nantis financièrement, pendant que des patients atteints du cancer ou de maladies chroniques pulmonaires, des femmes enceintes et leurs enfants ne peuvent l'obtenir, dénote un flagrant manque de leadership », a lancé le chef libéral David Swann.
Les autorités sanitaires ont annoncé mardi que seuls les enfants de six mois à cinq ans pouvaient encore se faire vacciner. L'immunisation des femmes enceintes reprendra vendredi. Le programme s'étendra au grand public lorsque plus de doses seront disponibles.
Après vérifications, ni les Oilers d'Edmonton, ni l'équipe de football des Stampeders de Calgary n'ont demandé à être vaccinés.