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Jeff McIntosh
Environ 250 manifestants se sont réunis à Calgary pour dénoncer la visite de l'ancien président américain George W. Bush au Canada. Il s'agit de la première activité publique de M. Bush depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche, en janvier dernier.
George W. Bush prononce à Calgary son premier discours d'ex-président américain devant 1500 gens d'affaires. Plus de 200 manifestants dénoncent la présence de celui qu'ils qualifient de criminel de guerre.
L'ancien président républicain, qui a atteint des sommets d'impopularité au cours de ses huit années au pouvoir, était l'invité des gens d'affaires de Calgary. Les manifestants qualifient de honte cette visite, d'autant plus que seuls les 1500 gens d'affaires qui ont payé 400 $ le billet ont pu assister à l'événement.
L'événement était interdit aux médias, mais d'après certains participants, George Bush a prôné le libre marché comme avenue de solution à la crise. Il aurait aussi affirmé que le Canada devait être la principale source d'approvisionnement en pétrole pour les États-Unis.
Quatre arrestations
Un manifestant déguisé en prisonnier de Guantanamo confronte un policier.
Quatre manifestants ont été arrêtés au cours d'affrontements avec les policiers.
Les manifestants, rassemblés devant le Centre des conférences Telus, ont exprimé haut et fort leur désaccord avec la visite de M. Bush. Ils ont aussi hué les gens d'affaires qui attendaient pour entrer au centre des conférences.
Un des manifestants s'est déguisé en détenu de Guantanamo. Les protestataires ont aussi lancé des chaussures sur une photo géante de l'ex-président américain, qualifié de criminel de guerre. Ce geste s'inspire de celui posé par un journaliste irakien, qui a lancé ses chaussures à la tête de George W. Bush lors de sa dernière visite à Bagdad, en décembre dernier.
Opposition juridique
Un collectif d'avocats et de pacifistes, Avocats contre la guerre, a tenté de s'opposer juridiquement à l'entrée au Canada de celui qui a été à la tête d'une des administrations les plus controversées de l'histoire américaine. Ils ont invoqué le droit international et les textes de lois canadiennes sur l'immigration et la protection des réfugiés.
Selon Grace Woo, d'Avocats contre la guerre, ces lois bien établies et reconnues au Canada interdisent l'entrée au pays d'un ressortissant étranger s'il a violé les droits de la personne ou s'il a commis des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.
« Le droit international précise qu'un chef d'État qui sanctionne la torture est coupable. On ne peut pas laisser juste les petits [pays] prendre cette responsabilité », a expliqué Mme Woo en ajoutant que les États-Unis ne sont pas au-dessus des lois.
Avocats contre la guerre estime que George W. Bush devrait être arrêté et jugé pour crimes de guerre en Irak et pour les allégations de torture à la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, qui pèsent sur son gouvernement.
Leur requête et leurs arguments se sont heurtés à une fin de non-recevoir du gouvernement canadien.