Pistolet Taser
Le recours au pistolet Taser par les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a considérablement augmenté entre 2005 et 2007, selon des documents obtenus par CBC/Radio-Canada et La Presse canadienne grâce à la Loi sur l'accès à l'information.
Le recours au pistolet à décharge électrique par les agents de la GRC a considérablement augmenté entre 2005 et 2007. Il a plus que doublé dans certains cas, selon des informations obtenues par CBC/Radio-Canada et La Presse canadienne.
Les données fournies par la GRC indiquent que les policiers ont utilisé leurs armes à décharge électrique plus de 1400 fois en 2007, comparativement à 597 fois en 2005. Au total, l'arme a été utilisée 4000 fois depuis 2001, date de son entrée en service au pays.
Les hausses les plus importantes ont été enregistrées en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Nunavut.
Documents censurés
Pistolet Taser
Même si l'utilisation du pistolet à décharge électrique a augmenté considérablement, la GRC n'est pas disposée à partager toutes les informations entourant les différents incidents. CBC/Radio-Canada et La Presse canadienne ont obtenu en effet des documents censurés dans lesquels il est difficile de déterminer dans quelles circonstances le pistolet a été utilisé.
Les dates précises des incidents ainsi que les gestes faits par les officiers avant de recourir au pistolet Taser, de même que les blessures éventuelles causées par cette arme, n'apparaissent pas sur les documents remis à CBC/Radio-Canada et à La Presse canadienne.
Lorsqu'un agent de la GRC utilise le pistolet Taser, il est tenu de remplir, après l'incident, un formulaire dans lequel il explique si la personne visée était armée ou si elle présentait des signes de maladie mentale. Cette information a été toutefois censurée des rapports obtenus auprès de la police fédérale.
Une analyse de 563 utilisations du Taser, réalisée par La Presse canadienne en novembre 2007, fait ressortir que les trois quarts des suspects contre lesquels l'arme a été utilisée entre 2002 et 2005 n'étaient pas armés.
Le pistolet Taser émet une décharge électrique de 50 000 volts.
Obligation de transparence
Voulant justifier la rétention de certaines informations, la GRC affirme utiliser des exemptions à la Loi sur l'accès à l'information pour protéger la vie privée des suspects ainsi que certaines informations concernant ses enquêtes et les armes qu'elle utilise.
Ujjal Dosanjh
Cet argument ne tient pas debout toutefois, selon le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de sécurité publique, Ujjal Dosanjh. « C'est de la foutaise. C'est complètement absurde. Que [le suspect] ait été armé ou non [...], en quoi est-ce que ça porte atteinte à sa vie privée? », s'est-il interrogé.
M. Dosanjh, ancien procureur général de la Colombie-Britannique, a fait remarquer que les noms et adresses des suspects étaient déjà retirés des documents. « La GRC est un corps policier public. Ils ont des comptes à rendre aux Canadiens. Ils doivent dévoiler les informations qui permettent à la population de déterminer par elle-même si les policiers se comportent correctement », a-t-il dit.
Un porte-parole de la GRC a expliqué que l'utilisation des Taser et d'autres méthodes violentes est étroitement encadrée et contrôlée. La Commission des plaintes du public contre la GRC a cependant déploré la décision de censurer les documents rendus publics.
En attendant un moratoire
Selon Amnistie internationale, 19 personnes sont mortes au Canada après avoir reçu des décharges électriques du Taser depuis 2001.
L'organisme de défense des droits de la personne réclame un moratoire sur l'utilisation de cette arme, en attendant une enquête complète et indépendante sur les risques qui y sont associés.