
 | Stéphane Dion
| Un jour après que le commissaire aux langues officielles Graham Fraser eut déposé un rapport accablant pour les conservateurs, les questions des trois chefs de partis d'opposition ont toutes porté sur le même sujet, mercredi, aux Communes.
Libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont accusé le gouvernement de nuire aux minorités linguistiques du Canada. Ils lui reprochent surtout de ne pas nommer un nouveau président au comité permanent des langues officielles, qui doit étudier le rapport.
L'ancien président, le conservateur Guy Lauzon, a été démis de ses fonctions la semaine dernière à la suite d'un vote unanime de l'opposition. Celle-ci lui reprochait d'avoir annulé à la dernière minute les audiences sur l'impact de l'abolition du Programme de contestation juridique, en septembre dernier, par les conservateurs.
| « | Le premier ministre viole la loi sur les langues officielles en ne permettant pas au comité parlementaire de se pencher sur le rapport. - Stéphane Dion | » |
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 | Stephen Harper
| Stephen Harper a répliqué que les partis d'opposition pouvaient retourner au comité dès qu'ils le voudraient, mais que celui-ci serait toujours présidé par M. Lauzon.
Les conservateurs refusent pour l'instant de proposer un autre candidat.
Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, déplore lui aussi cette rigidité des conservateurs. Selon lui, ils ont peur des révélations qui pourraient y être faites.
| « | [Guy Lauzon] n'a plus la confiance du comité parce qu'il ne voulait pas entendre certains témoins, c'est ça la réalité. [..] Peut-être que le premier ministre n'a pas envie d'entendre des groupes venir lui reprocher en comité certains de ses choix. - Gilles Duceppe | » |
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 | Jack Layton
| Du côté des néo-démocrates, Jack Layton dénonce les manoeuvres antidémocratiques du gouvernement. En plus de paralyser le comité sur les langues officielles, les conservateurs feraient tout pour empêcher des votes qu'ils savent perdus d'avance parce qu'ils sont minoritaires dans tous les comités, estime-t-il.
Par ailleurs, le député libéral Michael Ignatieff a rappelé que le gouvernement conservateur avait coupé plus de 100 millions de dollars qui devaient financer un plan d'action en faveur des langues officielles. Ce programme avait été lancé par M. Dion en 2003.
Un comité parallèle
Dans un geste hautement symbolique, les partis d'opposition ont décidé de mettre sur pied un comité des langues officielles parallèle. Dès jeudi matin, néo-démocrates, libéraux et bloquistes tiendront une rencontre au cours de laquelle ils se pencheront sur l'impact de l'abolition du Programme de contestation judiciaire, comme il était prévu de le faire.
Le comité consultatif, présidé par le libéral Pablo Rodriguez, l'actuel vice-président du comité permanent des langues officielles, entendra les responsables de ce programme. Étant donné que le nouveau comité n'est pas financé par la Chambre des communes, les témoins devront cependant couvrir eux-mêmes leurs frais de déplacement pour venir à Ottawa.
Le comité consultatif prendra également connaissance du rapport du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, déposé mardi.
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