Le Conseil national du bien-être social (CNBES) dénonce la pauvreté extrême des personnes qui dépendent de l'aide sociale au Canada. Le conseil trouve choquant que les paiements versés en 2005 aux 1,7 million d'assistés sociaux du pays soient les plus faibles des 20 dernières années, alors que le pays accumule des surplus budgétaires.
Dans son rapport Revenus de bien-être 2005, le CNBES calcule les revenus d'aide sociale que perçoivent quatre types de ménages dans chaque province et territoire du pays. Les catégories de ménages sont : une personne seule apte au travail, une personne handicapée, un parent avec un enfant et une famille avec deux enfants de 10 et de 15 ans.
Ces revenus d'aide sociale comprennent les prestations fédérales et provinciales, les allocations pour les enfants et les déductions d'impôts, mais ne prennent pas en compte le coût de la vie dans chacune des provinces. Les observations du CNBES se basent cependant sur le nombre de personnes vivant sous les seuils de pauvreté. Ces calculs de Statistique Canada représentent le nombre de personnes qui dépense 20 % de plus que la moyenne des Canadiens pour la nourriture, l'hébergement et les vêtements.
Selon un rapport du Conseil national du bien-être social, les prestations d'assistance sociale en Alberta sont deux fois moins élevées qu'il y a 20 ans.
L'Alberta et le Nouveau-Brunswick montrés du doigt
Selon le document, l'Alberta et le Nouveau-Brunswick sont les provinces où les prestations sont les plus faibles. Terre-Neuve-et-Labrador est la province qui offrirait les prestations les plus élevées.
En Alberta, un assisté social recevait 10 000 $ par année en 1986, selon le rapport. En 2005, ce montant était réduit à 5050 $. De même, le document indique qu'en Alberta, une famille monoparentale reçoit les allocations de bien-être social de 12 326 $ par année. C'est moins que dans toutes les autres provinces et moins que ce qu'elle aurait reçu il y a 10 ans. C'est aussi deux fois moins que le seuil de la pauvreté.
Les groupes qui travaillent auprès des personnes démunies disent que le gouvernement albertain, qui se dirige vers une treizième année de surplus budgétaires, devrait avoir honte. « Nous avons des gens qui dorment dans des stationnements et des décharges publiques », affirme Ellie Gibson, un travailleur social d'Edmonton.
Le représentant du CNBES, David Welsh, explique que les personnes qui dépendent de l'aide sociale ne sont pas en mesure de faire face à l'augmentation constante des coûts pour le logement ou la nourriture. « Autrement dit, la prospérité profite à un certain pourcentage de la population, dit-il. Mais il y en a qui sont complètement laissés pour compte. Alors, c'est pire dans une province riche comme l'Alberta, si on ne s'en occupe pas, que dans une province comme Terre-Neuve. »
Dans chacun des quatre scénarios, voici les provinces qui offrent les prestations les plus élevées et les plus faibles, selon les calculs du CNBES:
Personne seule apte au travail
Le Conseil national du bien-être social est un organisme de citoyens dont le mandat est de conseiller la ministre des Ressources humaines et du Développement social sur les questions relatives au développement social.