Eau potable : Malartic se tourne vers la Cour suprême

Deux puits d'eau potable à Malartic Deux puits d'eau potable à Malartic  Photo :  Claude Bouchard


La Ville de Malartic demande à la Cour suprême du Canada d'interdire l'exploitation d'un banc de gravier pour préserver l'eau potable sur son territoire.

La municipalité s'inquiète de la possibilité de voir son eau contaminée par des exploitations de gravier à proximité. Depuis 2010, elle tente de faire fermer un banc de sable où des compagnies de gravier détiennent des droits.

Elle a toutefois été déboutée par la Cour supérieure ainsi que la Cour d'appel. « C'est la loi qui est mal faite, soutient la directrice générale de Malartic, Lucie Roger. La loi ne permet pas de protéger l'eau potable avant qu'elle ne soit contaminée. »

Des rapports de 2006, 2008 et 2010 confirment qu'il n'y a aucune contamination de l'eau. La Cour d'appel mentionne toutefois que plus la sablière est exploitée, plus la couche protectrice est mince entre l'eau et le sable.

La Ville de Malartic estime que les instances précédentes ont eu une lecture trop restrictive des lois en vigueur pour protéger l'eau.

Forcier et frères ainsi que Béton et Concassage D.M., les deux principales compagnies visées par le recours de la Ville de Malartic, ont décidé de ne pas émettre de commentaires.

Des inquiétudes quant à la mine

Le porte-parole du Comité de vigilance de Malartic, Jacques Saucier, est quant à lui préoccupé par une tout autre exploitation : la mine à ciel ouvert d'Osisko. « La sablière est exploitée depuis 1972 et il n'y a pas eu d'impact négatif, souligne-t-il. Il n'y a pas eu de contaminant, pas de risque pour la Ville de Malartic. Nous, nous sommes bien plus inquiets de l'exploitation de la fosse. »

En 2009, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a noté dans son rapport sur le projet minier Canadian Malartic que l'arrivée de la mine risquait de mettre en péril deux puits d'eau potable, en plus d'affecter le débit d'un troisième.

Osisko s'était engagée auprès du BAPE à payer des études et un nouveau puits. Ce quatrième puits a coûté 125 000 $ à la minière.