Fumée de diesel cancérigène : la FTQ se réjouit de la décision de la cour

Un camion minier sous terre Un camion minier sous terre (archives)  Photo :  Claude Bouchard


La FTQ se réjouit de la décision de la Cour supérieure du Québec de reconnaître l'effet cancérigène de l'exposition à la fumée de diesel sous terre.

Le mois dernier, la Cour supérieure a reconnu que le cancer du poumon dont a souffert le travailleur minier Claude Fortin était bel et bien une maladie professionnelle causée par l'exposition à la fumée du diesel sous terre. Claude Fortin travaillait pour Iamgold, dans une mine de l'Abitibi-Témiscamingue. Il est mort de son cancer en 2009.

Selon la FTQ, c'est la première fois qu'on attribue un cancer du poumon à la fumée de diesel.

Marc Thibodeau, du syndicat des Métallos, estime que cette décision aura un impact important dans le monde minier : « On a eu des gens qui sont sortis avec un cancer, mais on n'a jamais été capable de faire la preuve. Au moins, là, on est capable de dire qu'il y a des cancers sous terre, que ce n'est pas juste la silicose ou l'amiantose. »

Le syndicat affirme que cette décision devrait permettre à la famille de Claude Fortin de recevoir des indemnités de la part de la CSST.

Iamgold toujours sceptique

Le vice-président relations avec les investisseurs d'Iamgold, Bob Tait, demeure sceptique. Malgré la décision de la Cour supérieure, il continue de marteler que le lien entre les conditions de travail et le cancer du poumon de Claude Fortin n'a pas été prouvé.

Il ajoute que les normes provinciales étaient respectées et qu'il n'y a rien à changer dans cette mine.

Oui, il existe des normes

Le porte-parole de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), Yvon Grégoire, confirme que les mines sont soumises à des normes : « Les équipements diesel qui sont dans les mines souterraines sont régis, les taux de concentration sont régis. Ces normes-là sont établies par un comité paritaire et la CSST siège à ce comité. Si on considère que ces normes-là ne sont pas assez sévères, ils vont les faire modifier. »

L'Association minière du Québec mène tout de même des recherches pour diminuer les émissions de diesel dans les mines souterraines, indique son porte-parole, André Lavoie. « Notre objectif à long terme, c'est d'arriver à éliminer ça, et c'est pourquoi on travaille activement sur la recherche pour développer un véhicule électrique et regarder d'autres formes d'énergie », précise-t-il.

Ces recherches sont menées à la mine-laboratoire CANMET de Val-d'Or.