Les Autochtones victimes de racisme dans les établissements de santé

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Une enfant autochtone reçoit des soins de santé. Une enfant autochtone reçoit des soins de santé. (archives)  Photo :  iStock


Les Autochtones qui utilisent les services de santé offerts dans les grandes villes du Canada sont souvent victimes de racisme.

C'est ce que conclut un rapport publié mardi par le Conseil canadien de la Santé.

Selon la directrice générale adjointe du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Sharon Hunter, qui a participé à la création du rapport, certains médecins évitent de prescrire des médicaments à des Autochtones, car ils craignent qu'ils développent une dépendance à leur médication. « Souvent, un Autochtone qui es très malade se fait dire à l'urgence : "Tu as juste à arrêter de boire, tu vas aller mieux." », ajoute-t-elle.

L'étude affirme que le phénomène est si grave que des Autochtones se privent parfois de soins dont ils ont besoin plutôt que d'avoir à affronter des attitudes méprisantes, qui minent leur confiance à l'égard du système de santé.

Le rapport, intitulé Empathie, dignité et respect : Créer la sécurisation culturelle pour les Autochtones dans les systèmes de santé en milieu urbain, fait ressortir les problèmes existants et présente des exemples de pratiques conçues à partir des valeurs et des expériences des Autochtones.

Le Conseil canadien de la santé, un organisme indépendant des gouvernements, suggère aux institutions de santé et de services sociaux d'avoir à leur disposition des Autochtones pouvant faciliter la communication, même linguistique, avec les clientèles des Premières Nations. Une formation du personnel soignant sur l'histoire autochtone et sur la sensibilité culturelle à l'égard des peuples autochtones est aussi recommandée.

Déjà des initiatives en Abitibi-Témiscamingue

Le projet pilote de la clinique Minowé, à Val-d'Or, est cité dans l'étude du Conseil canadien de la Santé comme un modèle de réussite. Il s'agit d'une clinique gérée par le Centre d'amitié autochtone, en partenariat avec le Centre de santé et de services sociaux et le Centre jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue.

« Ce n'est pas pour permettre aux Autochtones d'avoir un accès privilégié aux services de santé ou aux services sociaux, c'est pour réduire les écarts de santé, diminuer le taux de signalements d'enfants à la DPJ et surtout, améliorer la qualité de vie des Autochtones », précise la directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier.

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) a quant à elle développé une formation pour aider les professionnels de la santé à comprendre les réalités autochtones. Plus de 1000 personnes ont suivi cette formation de 7 heures. « Ce sont des informations qu'elles ne savaient pas », affirme la coordonnatrice des dossiers autochtones à l'UQAT, Janet Mark.

Selon l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue, les centres de santé de la région desservent près de 6900 Autochtones.