Une cinquantaine de producteurs de boeufs de la région ont donc décidé de ne plus vendre leurs bêtes à l'abattoir pour créer l'appellation Alléchamps. Le projet devrait prendre son envol en mai.
Ils vont payer pour le service d'abattage, mais vont rester propriétaires de leurs animaux. La viande reviendra ensuite dans la région pour être transformée et étiquetée.
Cette façon de faire permettra d'assurer que la viande vendue à l'épicerie provient de l'Abitibi-Témiscamingue.
Actuellement, il est impossible d'assurer la provenance du boeuf, selon le président régional de l'Union des producteurs agricoles, Sylvain Vachon. « Quand on vend notre produit à l'abattoir, on perd toute trace, la traçabilité de notre produit s'arrête là », souligne-t-il.
Le propriétaire de la Maison des viandes de Rouyn-Noranda, Benoît Tremblay, mentionne que même si la presque totalité du boeuf provient du Québec, il doit aussi en acheter ailleurs au pays et aux États-Unis.
Au moment des coupes, les différents morceaux se retrouvent donc souvent mélangés, précise M. Tremblay. « Ce steak-là, c'était lequel, c'était quel numéro? Un moment donné, on en perd notre latin quand on travaille avec du gros volume , ajoute-t-il.
Le boeuf Alléchamps coûtera de 3 % à 5 % plus cher au consommateur.
Le porte-parole du projet du boeuf Alléchamps, Luc Robitaille, croit toutefois que le prix en vaut la peine. « En plus de la fraîcheur et d'un produit régional et équitable, il va ramener un pourcentage des ventes aux producteurs », dit-il.