Des chefs autochtones à la défense de l'esturgeon jaune

Les chefs des communautés de Kitcisakik, de Lac-Simon et de Longue Pointe, en Abitibi-Témiscamingue, s'engagent à protéger l'esturgeon jaune dans les rivières et les lacs de leur territoire.

L'engagement a été pris mercredi dans le cadre d'un colloque portant sur cette espèce en voie de disparition qui s'est déroulé à Val-d'Or.

Esturgeon jaune Esturgeon jaune   © Hydro Manitoba

L'esturgeon jaune est considéré comme une espèce menacée depuis 2006 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Ce poisson, qui peut vivre plus de 100 ans, est une espèce fragile, puisqu'il se reproduit environ tous les 6 ans. Qui plus est, il a été victime d'une surexploitation commerciale dans les années 40.

« Il y a eu une fragmentation de l'habitat qui est due aux barrages, explique Daniel Nadeau, biologiste au ministère des Ressources naturelles. Les esturgeons n'ont plus nécessairement accès aux frayères, et maintenant, ce qui est relativement nouveau, c'est une surexploitation dans les frayères pour le caviar. »

Cette diminution de l'espèce préoccupe les communautés autochtones de l'Abitibi-Témiscamingue, puisque l'esturgeon fait partie de l'alimentation des Algonquins.

Selon la chef de Kitcisakik, Adrienne Anichinapeo, il est important de promouvoir une pêche respectueuse au sein de la communauté. « La nature n'est plus capable de donner ce qu'elle donnait avant », fait-elle valoir.

Les chefs refuseront également de défendre les membres de leur communauté impliqués dans la vente de caviar.