Le débat refait surface

Fleuve St-Laurent

Une étude d'un ancien ingénieur d'Hydro-Québec ramène le débat de la commercialisation de l'eau dans l'actualité. L'étude est publiée par l'Institut économique de Montréal.

Un ancien ingénieur d'Hydro-Québec suggère de détourner les trois grandes rivières de la baie James pour alimenter une partie de l'Ontario et des États-Unis en eau douce.

Dans une étude intitulée « L'eau du Nord », Pierre Gingras explique comment les gouvernements pourraient s'y prendre pour vendre l'eau du Québec et ainsi réaliser des milliards de profits.

Il propose de canaliser les eaux de crues des trois rivières de la baie James encore inexploitées pour les diriger vers la rivière des Outaouais et le fleuve St-Laurent. Ces surplus d'eau maintiendraient un niveau normal dans le fleuve et hausseraient celui des Grands Lacs. Cette région pourrait alors vendre son surplus d'eau.

M. Gingras indique que les gouvernements pourraient aussi faire des profits en produisant de l'hydroélectricité le long de la canalisation.

L'Institut économique de Montréal, qui a publié l'étude, se montre très intéressé. Son président Michel Kelly-Gagnon croit que le projet mérite d'être approfondi par des études d'impacts économiques et environnementaux. « Évidemment, on ne propose pas de lancer des grues demain matin. Mais à première vue, ça semble quelque chose de sérieux qui permettrait de valoriser la richesse de notre or bleu d'une façon écologiquement responsable », soutient-il.

Danger

Le projet suscite cependant des inquiétudes chez des organismes comme la Coalition Eau Secours. Sa porte-parole Martine Ouellet y voit un danger lié au commerce de l'eau. « Une fois qu'on exporte une molécule d'eau, ça devient un bien de commerce qui est soumis aux accords internationaux. À ce moment-là, ce sont alors les tribunaux internationaux qui tranchent et le Canada et le Québec perdent la souveraineté sur leur ressource. »

Elle ajoute que la dérivation des eaux de crues pourrait aussi avoir un impact sur les écosystèmes.