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Abitibi-Témiscamingue Lac-Barrière

La route 117 débloquée

Mise à jour le mardi 7 octobre 2008 à 11 h 11

Des Algonquins bloquent la route 117.

Des Algonquins bloquent la route 117.

La Sûreté du Québec (SQ) est intervenue vers 16 h lundi afin de rouvrir la route 117, bloquée dans la réserve faunique de La Vérendrye depuis lundi matin, 6 h, par une cinquantaine d'Algonquins de Lac-Barrière. La route, qui est le seul chemin qui permet de se rendre de l'Abitibi à l'Outaouais, était bloquée par des billots et des barils au kilomètre 362, à l'intersection du chemin du Lac-Rapide.

Les policiers ont servi plusieurs avertissements aux manifestants tout au long de la journée afin de démanteler le barrage. L'escouade tactique de la SQ a finalement décidé de forcer la barricade avec des gaz lacrymogènes et de déloger les manifestants.

Au total, neuf personnes ont été arrêtées, dont deux mineurs, qui ont été libérés. Elles devront répondre d'accusations de méfait. Aucune arme à feu n'a été retrouvée sur les lieux.

Barrage qui aurait pu être long

Les Autochtones soutenaient qu'ils maintiendraient le barrage jusqu'à ce que le Canada et le Québec s'engagent par écrit à respecter leurs ententes. Un accord trilatéral avait été conclu en 1991 et révisé en 1998 par les trois parties. Cet accord de développement durable et de cogestion des ressources avait même été applaudi par l'ONU et la Commission royale sur les peuples autochtones.

Le Québec a quant à lui signé en 1998 un accord bilatéral avec les Algonquins de Lac-Barrière, mais piétine depuis que des recommandations pour sa mise en oeuvre ont été soumises en 2006. Les Autochtones demandent principalement la mise en place d'un plan de gestion intégrée des ressources naturelles, qui leur permettrait entre autres d'obtenir des redevances sur l'exploitation des ressources.

En plus de demander le respect des ententes qu'ils ont conclues avec les gouvernements, les Algonquins voulaient signifier leur opposition à toute ingérence du gouvernement fédéral dans leurs coutumes de gouvernance. Ils dénoncent le fait que le 10 mars dernier, pour la troisième fois en 12 ans, le gouvernement fédéral s'est immiscé dans la gouvernance interne de Lac-Barrière en révoquant le chef et le conseil de bande et a plutôt mis en place un chef et un conseil qui sont rejetés par la majorité de la communauté.

Le Secrétariat de la nation algonquine, un conseil de bande regroupant trois communautés algonquines, dont celle de Lac-Barrière, reconnaît d'ailleurs toujours le chef Benjamin Nottaway et continue de travailler avec lui et son conseil.

Les Algonquins demandaient donc à Ottawa de nommer un observateur qui agirait comme témoin lors de la sélection de nouveaux chefs et reconnaîtrait les résultats.

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