S'exiler pour travailler

Mineurs (archives)

Des mineurs de l'Abitibi-Témiscamingue préfèrent s'exiler pour pratiquer leur métier, et ce, même si la demande pour leurs services demeure criante dans la région. L'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Ouest canadien demeurent des destinations de choix pour les travailleurs.

Même si la demande pour la main-d'oeuvre est criante dans la région, de nombreux mineurs préfèrent aller pratiquer leur métier à l'étranger.

La demande mondiale pour des mineurs d'expérience a incité plusieurs travailleurs québécois à faire carrière à l'extérieur du Canada. Au milieu des années 1990, le ralentissement de l'industrie minière a eu un effet dévastateur sur des centaines de mineurs de la région.

Ainsi, ceux qui ne pouvaient trouver un emploi en Abitibi-Témiscamingue ont tenté leur chance sur le marché international.

Léandre Gervais, vice-président du secteur mine à la firme d'ingénieurs Genivar, a travaillé avec plusieurs mineurs expatriés sur un projet au Burkina Faso. « Les gens qui travaillent dans les mines ici c'est plus à long terme. Donc, ce sont de très bons salaires, mais ce sont des salaires basés sur l'emploi à long terme. Quand on va en Afrique ou en Amérique du Sud, ce sont des emplois de plus courte durée, mais des salaires beaucoup plus intéressants. C'est un mélange d'exotisme et d'argent », dit-il.

Pénurie de main-d'oeuvre

L'exode des mineurs n'est pas sans inquiéter les membres du Comité sectoriel sur la main-d'oeuvre de l'industrie des mines du Québec.

« On se penche sur des mécanismes pour évaluer à court terme l'ampleur de la problématique. Il y a par la suite un ensemble de moyens qui pourrait être éventuellement considéré pour essayer de ramener les gens ici. Mais, il faut être bien conscient que c'est d'abord et avant tout une décision individuelle », indique le directeur général, Pierre Guimont.

M. Guimont ajoute que cet exode frappe également les géologues, les opérateurs de foreuses aux diamants ainsi que les ingénieurs miniers.