La crise déménage en région

Les taux d'inoccupation sont parfois nuls dans certaines régions du Québec Les taux d'inoccupation sont très bas dans certaines régions du Québec

Une analyse de la SCHL fait ressortir un manque criant de logements locatifs dans certaines régions du Québec, en raison de la reprise de l'activité économique et de la stagnation de la construction.

Confinée habituellement à Montréal, la crise du logement risque de s'étendre en région cette année. D'après l'analyse de la Société canadienne d'hypothèque et de logements (SCHL), certaines villes du Québec, comme Val-d'Or et Rimouski, n'ont presque plus de logements disponibles pour la location.

L'Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent sont parmi les régions qui sont touchées par la pénurie de logements locatifs.

Selon les dernières données de la SCHL, les taux d'inoccupation sont de 0 % à Val-d'Or, 0,2 % à Gaspé, 0,4 % à Thetford Mines, 0,5 % à Amos, 0,9 % à Rouyn-Noranda et 1 % à Rimouski.

À Gaspé, par exemple, la pénurie du logement s'explique par une forte reprise économique, due notamment à l'industrie éolienne. Elle est aussi causée par l'absence de projets de construction de logements. Le taux d'inoccupation était de 15 % dans cette ville, il y a huit ans.

« Au moment où le taux d'inoccupation était très élevé, au début des années 2000, du côté de l'offre on a vu la construction de résidences locatives s'arrêter complètement », explique Kevin Hughes, économiste régional à la SCHL.

La crise de logement touche désormais les régions La crise de logement touche désormais les régions

La présidente de la Chambre de commerce de Gaspé, Mélissa Plourde, affirme qu' « il y a un boom économique, il y a beaucoup d'emplois, on peut beaucoup embaucher, mais ces gens-là qui veulent revenir en région pour travailler et développer, on doit les héberger ».

Le manque de logements est aussi inquiétant en Abitibi, où des logements sociaux sont réclamés d'urgence.

« C'est un problème de santé publique là, parce qu'il y a du monde, on ne sait pas s'ils vont avoir des logements au mois d'août. Et ce sont les plus démunis aussi », souligne Philippe Marquis du Regroupement d'entraide pour personnes assistées sociales de l'Abitibi-Témiscamingue.

Cette crise s'explique aussi par le coût traditionnellement moins élevé des loyers en région, alors que les coûts de construction ne cessent de monter. Cette situation n'encourage pas les promoteurs à construire en région.

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