
Des groupes écologistes opposés à la dérivation de la rivière Rupert estiment que la contamination au mercure dans le futur réservoir sera plus importante que prévu, selon des tests effectués en août dernier.
Ils soutiennent qu'Hydro-Québec n'a pas fait ses devoirs pour bien déterminer les risques de contamination lorsque le territoire sera inondé.
Selon l'écologiste Daniel Green, porte-parole de la Société pour vaincre la pollution, plus il y a de mercure dans un sol forestier avant l'inondation, plus la concentration de mercure sera élevée dans le réservoir et plus le mercure risque d'être transformé en méthylmercure. Cette substance passe dans la chaîne alimentaire et finit par contaminer le poisson.
Les tests effectués par les écologistes montrent des concentrations de mercure variant entre 40 et 190 microgrammes par kilogramme de sol. Ces prélèvements ont été faits sur la rive nord de la rivière Rupert, à partir d'un kilomètre du point de dérivation. Selon Daniel Green, ces chiffres montrent que la contamination dans le bassin sera plus grande que ce qui était attendu.
 | Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution
| « Hydro-Québec devrait faire un échantillonnage complet de la zone inondée, devrait revoir sa prédiction, tant des niveaux de contamination, que la durée de la contamination », souligne M. Green.
« Ce qu'il faut comprendre, c'est que la teneur en mercure dans les sols ne nous renseigne pas sur l'augmentation qu'il va y avoir dans les poissons après la mise en eau du réservoir. [...] Parce que le mercure qui est dans les sols, il est inorganique », réplique Roger Schetagne, chargé de programme de recherche sur le mercure à Hydro-Québec.
Des données pertinentes, selon Ressources naturelles Canada
Aux audiences de la Commission d'évaluation, le représentant du ministère des Ressources naturelles du Canada, Michel Parent, avait déploré qu'Hydro-Québec n'ait pas effectué d'étude sur le sol qui sera inondé.
Selon lui, les données des environnementalistes sont pertinentes. « Ces chiffres, ce qu'ils démontrent, c'est la grande variabilité des teneurs en mercure dans ces sols. Et aussi, les travaux récents nous indiquent qu'en fait, même dans les sols forestiers, il y a du méthylmercure et cela ne fera que s'accentuer lorsque il y aura mise en eau du réservoir », souligne M. Parent.
Les positions sur le sujet semblent donc irréconciliables entre Hydro-Québec, les écologistes et certains experts. La Commission fédérale d'évaluation environnementale devra trancher dans ce dossier d'ici la fin novembre.
Le projet de dérivation de la Rupert sera complété par la construction d'une nouvelle centrale, Eastmain 1a, bâtie à côté de la Eastmain 1 déjà existante.
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