Accueil > Nouvelles




























Oléoduc entre Lévis et Montréal : des propriétaires pourront être expropriés
Mise à jour le lundi 18 juillet 2005, 16 h 50 .


Le tracé de l'oléoduc
La pétrolière Ultramar a choisi un tracé pour son oléoduc, afin d'assurer le transport de produits pétroliers entre Lévis et Montréal. Le tracé sera situé entre les pylônes d'Hydro-Québec et l'autoroute 20.

L'oléoduc traverserait l'autoroute 20 à la hauteur de Trois-Rivières pour continuer au nord de cette autoroute jusqu'à Montréal.

Certains propriétaires qui s'opposent à ce tracé de la pétrolière Ultramar sont en colère : un projet de loi privé, le projet de loi 229, a été adopté discrètement à l'Assemblée nationale en juin et donne le droit d'expropriation à Ultramar.

Jacques Godin, propriétaire de deux boisés, dont une érablière, sur le tracé choisi par Ultramar, déplore que les propriétaires n'aient aucun moyen de se défendre :

L'Ultratrain (archives)
« Comment se fait-il qu'on prend des droits sur les terres pour donner à une compagnie privée par une loi et que là, les propriétaires ne peuvent rien faire pour se défendre? », se demande-t-il.

Le pire selon lui, c'est qu'il devra continuer à payer les taxes sur les terres expropriées par Ultramar.

« Ils ne sont pas propriétaires. C'est un droit de passage et puis le propriétaire continue à payer les taxes là-dessus », soutient-il.

M. Godin espérait que l'oléoduc passe par le corridor des lignes d'Hydro-Québec ou entre les deux voies de l'autoroute 20. La pétrolière aussi, mais des impératifs de sécurité obligent Ultramar à faire ce choix, affirme le directeur des affaires publiques et gouvernementales d'Ultramar Limitée, Michel Martin :

« Si jamais il y avait un problème qui survenait, il faudrait être capable d'intervenir facilement et d'avoir une voie libre et dégagée », explique-t-il.

L'opposition s'organise

Les producteurs agricoles et forestiers qui craignent une dévaluation de leurs terres et s'inquiètent des effets d'une éventuelle fuite de pétrole, viennent de fonder une association pour défendre leurs intérêts. Le président cette association, Mario Chrétien, soutient qu'avoir donné un droit d'expropriation à une entreprise privée peut créer un dangereux précédant.

« Parce que plusieurs entreprises dans le futur pourront utiliser cet argument pour dire : vous l'avez donné à eux, pourquoi pas à nous », soutient-il.

Ultramar veut un droit de passage de 75 pieds pour construire son oléoduc. Les propriétaires craignent une contamination de la nappe phréatique en cas de bris ou de fuite. D'autre part, ce corridor de 75 pieds risque d'abîmer les terres soutient M. Chrétien :

« Ça a pour incidence de déraciner les arbres qui sont près, ça a un effet de dessèchement », affirme-t-il.

Une première rencontre a eu lieu avec les producteurs du Centre-du-Québec, mais maintenant que le tracé est connu, l'association veut étendre son action. Elle souhaite amener Ultramar à débattre publiquement des enjeux de ce dossier.

Avec ce projet d'oléoduc, Ultramar veut éventuellement mettre un terme à la navette Lévis-Montréal effectuée par son Ultratrain. Depuis 1996, ce convoi qui circule sur la voie du Canadien National ne cesse de susciter la controverse. Six déraillements se sont succédé ravivant l'inquiétude dans les municipalités traversées par le train-bloc.



Extrait audioCécile Larouche explique que l'opposition s'organise


Hyperliens
Loi concernant Pipeline Saint-Laurent
Le projet de loi 229
Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes



Autres nouvelles régionales >>>

Toutes les nouvelles nationales et internationales >>>


© Radio-Canada. Tous droits réservés.