
Certains propriétaires de foyers privés pour personnes âgées font des alliances avec des pharmaciens qui en retour, offrent des cadeaux aux gestionnaires.
L'Ordre des pharmaciens a appris que certains gestionnaires de foyers privés désignaient un pharmacien auprès duquel les clients seraient contraints d'acheter leurs médicaments.
Le refus d'un patient pourrait même avoir des répercussions sur la facture mensuelle d'hébergement du client, car des propriétaires leur imposeraient un coût supplémentaire pour certains services.
Le président de l'Ordre des pharmaciens, Jean-Yves Julien, qui dénonce cette pratique, souligne que les personnes plus vulnérables, qui subissent ces incitations ou pression, se sentent mal à l'aise et vivent cela avec anxiété.
L'Association québécoise des pharmaciens-propriétaires (AQPP) a expédié un avis à ses 1500 membres pour leur rappeler le caractère inacceptable de la pratique selon laquelle des cadeaux sont offerts aux gestionnaires de ces foyers.
Le directeur de l'AQPP, Normand Cadieux, ajoute que les clients doivent absolument conserver la liberté de choix de leur pharmacien.
À Lévis, l'Association québécoise de défense des droits des retraités parle de situation abusive. Elle soulève des cas de pensionnaires menacés d'expulsion.
L'Association des résidences et CHSLD privés du Québec (ARCPQ) se défend et dit ne pas être au courant que certains membres acceptent des cadeaux des pharmaciens. L'Association soutient que les clients ont le droit de choisir leur pharmacien. La directrice générale, Mariette Lanthier, ne croit par ailleurs pas à la vulnérabilité des personnes âgées en cas de pression, même si la moyenne d'âge de cette clientèle est de 83 ans. Mme Lanthier suggère à la famille ou aux mandataires d'agir.
Elle affirme que s'il y a faute, elle relève d'abord des pharmaciens qui veulent aller chercher une plus grande part du marché.
L'Ordre des pharmaciens a alerté la Commission des droits de la personne pour qu'elle enquête sur ces abus.
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