
Québec reconnaît l'importance du monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, fondé en 1639, et le classe site historique. De plus, près de 4 000 documents et objets sont classés biens culturels par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Le monastère, la chapelle, les jardins, les archives et les collections des Augustines, une communauté fondatrice de la Nouvelle-France, seront désormais protégés. Cette décision a été difficile à prendre pour les religieuses, qui ont finalement conclu que c'est le meilleur moyen de préserver leur héritage.
Préserver le patrimoine
Depuis 15 ans, les Augustines se demandent comment elles pourront assurer la pérennité de leur patrimoine. Elles ont dû se rendre à l'évidence qu'elles ne peuvent le faire elle-même. « La mémoire vive de ce patrimoine » s'effrite parce que les effectifs diminuent, déplore soeur Lise Tanguay, supérieure du monastère des Augustines. « Nous sommes très peu nombreuses. Nous restons quarante ici là »
 | Soeur Lise Tanguay
| Pour soeur Tanguay, il ne fait aucun doute que le classement du monastère, de ses collections et de ses archives comme biens culturels est la meilleure solution. « Tout ce qu'on faisait, qu'on écrivait, qu'on collectionnait, on le savait que ce n'est pas pour nous. C'est pour la société québécoise et le garder pour nous, ça aurait été diminuer ce patrimoine-là. » Un legs de 50 millions à la société québécoise Le legs des Augustines à la société québécoise, d'une valeur historique et patrimoniale exceptionnelle, est évalué à plus de 50 millions de dollars. « Tout l'ensemble y compris, jardins, murs, mais simplement à l'intérieur de cet ensemble conventuel là, il y a un accent particulier qui est mis sur les ailes anciennes du monastère et le choeur des religieuses. »
Un centre de ressourcement, le nouveau projet des Augustines
Les soeurs Augustines demeureront au monastère et elles ont beaucoup de projets. Les Augustines ont toujours été des pionnières dans les soins de santé et cette tradition se poursuit. Elles souhaitent mettre sur pied un centre de ressourcement pour soigner l'épuisement professionnel des travailleurs de la santé, et le financer en aménageant une hôtellerie à vocation culturelle dans le cloître. « Depuis presque 20 ans à venir jusqu'à l'an passé, nous accueillons, dans une partie du monastère, les parents des malades de l'extérieur [de la région qui reçoivent des soins] à l'hôpital », souligne la supérieure du monastère. « Ces gens-là étaient toujours émerveillés de venir passer une nuit dans un cloître. Ça nous a donné l'idée de faire faire, peut-être, à d'autres, des expériences de ce type-là, comme il se fait en France et en Espagne. »
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