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Mohammed Cherfi : la mobilisation s'accentue
Mise à jour le lundi 8 mars 2004, 11 h 03 .


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La mobilisation demandant le rapatriement au pays du réfugié algérien s'accentue alors que mardi, des manifestations se tiendront dans plusieurs villes canadiennes.

Outre Québec et Montréal, les villes de Vancouver, Toronto, Ottawa et possiblement Edmonton seront le théâtre de manifestations demandant le retour au Canada de ce réfugié sans statut arrêté vendredi midi, dans le sanctuaire qu'était l'Église unie Saint-Pierre, à Québec.

Moins de cinq heures plus tard, Mohammed Cherfi a été transféré vers les États-Unis où il est actuellement détenu. Il avait été arrêté en vertu d'un mandat émis par la police de Montréal sous un chef de bris de probation. Il a ensuite été remis au ministère de l'Immigration, qui l'a déporté vers les États-Unis où il détiendrait un visa de touriste.

Réunis dimanche soir, une trentaine de membres du comité ont réaffirmé leur position : pas question de baisser les bras trois jours après l'arrestation très controversée de M. Cherfi. Au contraire, ils entendent bien continuer de dire haut et fort que les autorités québécoises et canadiennes ont le pouvoir de le rapatrier. Ils craignent pour la vie M. Cherfi s'il est retourné en Algérie, et dénoncent l'irrégularité de son arrestation.

Une autorisation de la ministre fédérale de l'Immigration nécessaire

Mohammed Cherfi (archives)
D'autre part, selon un avocat spécialisé dans les causes d'immigration, Hugues Langlais, seule une intervention de la ministre fédérale de l'Immigration permettrait de rapatrier Mohammed Cherfi : « Je pense que ce que ça prend, d'abord et avant tout, c'est une autorisation de la ministre fédérale de l'Immigration l'autorisant à revenir sur le territoire. Parce qu'en vertu des règles de l'immigration, comme il a fait l'objet d'une mesure de renvoi du pays, généralement, dans des circonstances comme celle-là, ça prend absolument l'autorisation expresse du ministre ou d'un fonctionnaire qui a autorité. »

L'opposition se questionne sur le rôle de Québec

Agnès Maltais (archives)
De son côté, la députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais, qui était de la manifestation de samedi et qui a donné son appui à Mohammed Cherfi, s'interroge sur le rôle de Québec dans cette arrestation. « Les questions que nous posons, au ministre de la Sécurité publique d'abord : quel rôle a-t-il fait joué à la Police de Québec? Au ministre de la Justice : comment se fait-il que des accusations contre un citoyen ont été levées pour permettre sa déportation? La troisième question se pose à la ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration: quel est le rôle de Mme Courchesne? Elle avait une responsabilité à suivre le parcours de monsieur Cherfi. Était-elle au courant de ce qui s'est passé? Nous lui posons la question. »

Québec n'est pas impliqué, affirme la ministre Courchesne

Quant à la ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration du Québec, Michelle Courchesne, affirme que son gouvernement n'y est pour rien. La ministre dit qu'Ottawa ne l'a pas prévenu de ses intentions : « Le ministère du Québec n'a aucun rôle. Je vous le dis, aussi simplement et aussi franchement que les événements se sont déroulés. Nous n'avons absolument eu rien à voir avec ce qui s'est passé vendredi. »

L'Allier défend les forces policières municipales

Jean-Paul L'Allier
Par ailleurs, le maire Jean-Paul L'Allier se porte à la défense de la police de Québec, qui a arrêté le réfugié algérien dans l'église du Vieux-Québec où il avait trouvé refuge.

Après un premier refus à une demande d'Immigration Canada, la police ne pouvait faire autrement vendredi, selon M. L'Allier, que d'exécuter l'ordre du tribunal qui lui venait d'un juge montréalais. On s'est ensuite aperçu que le mandat de la cour avait été retiré et que Mohammed Cherfi avait été remis à Immigration Canada.

Le maire croit que la police de Québec a été prise dans une sorte de guet-apens : « On a l'impression que quelqu'un, quelque part, et c'est pas nous, la police de Québec, me dit-on, qui était de collusion. Et Immigration Canada était à l'autre bout de la ligne pour cueillir l'individu. Et que le procureur de la Couronne laisse tomber son accusation, ce qui fait que l'ordre de Cour devenait inopérant. Ça, c'est un peu plus douteux comme opération. C'est pas à la police de Québec de porter la casquette. »

Extrait vidéoReportage de Yannick Bergeron




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