Caisses de retraite : les syndicats dénoncent « le spectacle » du maire Labeaume

Le maire Régis Labeaume lors du comité plénier sur les caisses de retraite. Le maire Régis Labeaume lors du comité plénier sur les caisses de retraite.

Le comité plénier sur le déficit des caisses de retraite organisé par le maire Labeaume a surtout attiré des représentants syndicaux, mercredi soir, à l'hôtel de ville de Québec.

Les syndicats n'avaient pas droit de parole, mais ils souhaitaient tout de même signifier leur désaccord au maire Labeaume, qui leur a demandé mardi une contribution supplémentaire pour renflouer le déficit des caisses de retraite, évalué à 624 millions de dollars par la Ville. Le maire suggère aux employés de verser 2 % de leur salaire pendant 15 ans afin de combler une partie du gouffre.

Exaspéré par la démonstration du maire Labeaume, le président du syndicat des cols blancs a quitté la salle avec fracas en laissant entendre que ce qui se déroulait sous ses yeux n'était que du spectacle.

Le président des cols blancs Jean Gagnon dénonce le « spectacle » du maire Labeaume Le président des cols blancs Jean Gagnon dénonce le « spectacle » du maire Labeaume.

Jean Gagnon reproche à la Ville de faire mal paraître les syndicats alors qu'elle aurait dû régler il y a bien des années le déficit de l'ancienne Ville de Québec en empruntant le montant nécessaire. M. Gagnon dément les chiffres avancés par la Ville en affirmant que le déficit des caisses de retraite se situe plutôt à 131 millions de dollars.

« Savez-vous pourquoi la Ville n'emprunte pas? Parce que si le maire emprunte, il va être obligé de mettre l'argent sur la dette de la Ville et ça va lui enlever la marge de manoeuvre pour son colisée et toutes ses folies », explique Jean Gagnon.

Le maire refuse catégoriquement d'emprunter 234 millions de dollars pour combler le déficit de l'ancienne Ville de Québec. Ce serait, selon lui, une façon de refiler la facture aux contribuables.

« Les syndicats, la solution c'est toujours emprunter et combler le déficit, mais ils ne sont même pas capables d'en payer un petit bout. Ça fait 15 ans et tous les régimes l'ont dit : Jean-Paul L'Allier, Mme Boucher, on a toujours dit que ça n'a pas de bon sens », affirme le maire Labeaume.

Quant au président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin, il entend répliquer à cette soirée. « C'est certain qu'il va y avoir une réplique, on est à préparer ça. Évidemment, il y a beaucoup de chiffres qui sont lancés. On n'est pas d'accord avec tout ce qui se dit », affirme Éric Gosselin.

« Il ne veut pas faire de débat publiquement. Il veut faire un monologue publiquement », a déploré pour sa part le président de la Fraternité des policiers, Bernard Lehré.

Prises de bec

La séance spéciale de plus de deux heures du comité plénier a aussi donné lieu à quelques accrochages entre les conseillers indépendants et les élus d'Équipe Labeaume.

La conseillère indépendante Anne Guérette estime que l'administration Labeaume est la seule responsable du déficit qui explose depuis quelques années dans les caisses de retraite.

« Il aura beau nous dire qu'il attendait après des études actuarielles, je m'excuse, mais en 2008 on l'a tous vu arrivé le crash. Je pense qu'un maire vigilant, visionnaire et proactif demande une étude actuarielle tout de suite pour voir l'impact du déficit et prend les mesures nécessaires bien avant aujourd'hui », estime-t-elle.

Seulement une vingtaine de citoyens ont assisté à la présentation mercredi soir. La Ville avait renforcé la sécurité par mesure préventive pour éviter tout débordement.

Québec en direct Afficher le fil complet

Facebook