La policière Sandra Dion poursuit sa croisade

Les précisions de Marie Maude Pontbriand

La policière de Québec Sandra Dion a lancé un nouveau cri du coeur à Ottawa pour éviter que son agresseur puisse vivre à moins d'un kilomètre de chez elle.

Elle s'est « exilée », mercredi, pour éviter de se retrouver nez à nez avec son agresseur qui passait la journée dans une maison de transition située dans son quartier.

Laurent Minier, qui souffre de problèmes psychologiques, a agressé violemment la policière en 2002 avec un tournevis. Il profitait mercredi d'une visite ponctuelle à la maison de transition Marcel-Caron à Québec, où il souhaite s'établir. De peur de croiser son agresseur, Sandra Dion a refusé de rester chez elle. « C'est une situation invivable, cauchemardesque », dit-elle.

Lors de sa visite au Parlement, Sandra Dion n'a pas pu rencontrer comme elle le souhaitait le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, mais elle s'est entretenue pour une deuxième fois avec sa secrétaire parlementaire, la députée Candice Bergen.

Celle qui se bat depuis plus d'un an pour faire reconnaître les droits des victimes demande une intervention urgente du gouvernement pour faire modifier la loi. « Il faut absolument une intervention du premier ministre Stephen Harper. On me parle de projet de loi, j'ai espéré ce projet de loi depuis plus d'un an. Je sais que ce ne sont pas des choses qu'on fait en criant ciseau, mais quand même ça fait plus d'un an qu'ils connaissent la situation », déplore-t-elle.

La policière a reçu l'appui du sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui compte faire pression sur le gouvernement. « À mon avis, il faudrait avoir une distance géographique entre le lieu de résidence de la victime et le lieu de réinsertion sociale du criminel. 50 kilomètres? 100 kilomètres? 200 kilomètres? C'est la question à juger », a-t-il commenté.

La députée Maria Mourani La députée Maria Mourani croit qu'une modification à la loi n'est pas nécessaire.

En après-midi, la députée Maria Mourani a interpelé le ministre Vic Toews lors de la période de questions à la Chambre des communes. Selon la députée qui a été agente de libération conditionnelle, il n'est pas nécessaire de modifier la loi. Le ministre peut agir en donnant une directive claire, croit-elle. « Ce n'est pas compliqué. Il y a plusieurs maisons de transition au Québec et on peut très bien décider de transférer cette personne ailleurs », estime Mme Mourani.

Laurent Minier a été condamné une peine de quatre ans de prison pour l'agression de Sandra Dion. Il a également été déclaré délinquant à contrôler pour une période de 10 ans.

Selon des documents consultés par la victime, l'homme souffre de schizophrénie et de troubles psychotiques entre autres. Il a aussi une fixation pour les femmes policières.

Sandra Dion saura en mars si le Service correctionnel du Canada accordera à son agresseur la permission de s'établir définitivement à Québec. Si la réponse est positive, la policière menace de s'installer en permanence devant le Parlement jusqu'à ce qu'elle obtienne gain de cause.

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