Artères commerciales : le maire invite les marchands à se regrouper

Le reportage d'Olivier Lemieux

Le maire de Québec souhaite avoir des artères commerciales plus animées et leur offre un coup de pouce pour y arriver. La Ville incite les commerçants de la Grande Allée, de l'avenue Cartier et de la rue Saint-Jean, notamment, à se regrouper en société de développement commercial (SDC) et leur propose un peu plus d'un million et demi de dollars pour les aider à s'organiser.

Contrairement aux associations de quartier, l'adhésion à une SDC est obligatoire pour les gens d'affaires du secteur et implique une cotisation financière. Cette source de revenus donnera aux regroupements de commerçants de meilleurs moyens pour faire la promotion de leur district, croit le maire.

« Chaque SDC va tenter de se donner sa propre couleur : attractivité, animation, marketing, commercialisation, L'objectif, c'est de commercialiser l'artère comme telle », explique le maire.

Des festivités comme le Nouvel An sur Grande Allée ou le Miracle sur la 3e avenue dans Limoilou stimulent l'économie de quartier, dit le maire. « Développer les commerces de proximité, c'est excessivement important pour garder une communauté équilibrée. Il faut que nos petits centres de quartier soient bien actifs », estime Régis Labeaume.

La Ville propose une aide financière qui peut atteindre 50 000 $ pour chaque SDC pendant quatre ans. L'argent servira à embaucher une personne qui aura le mandat de faire la promotion de l'artère commerciale.

La Ville espère qu'après quatre ans, les SDC soient autonomes financièrement.

Le budget total pour ce programme est de 1,6 M $.

Sim Bo, propriétaire du restaurant asiatique Champa Maguire Sim Bo, propriétaire du restaurant asiatique Champa Maguire

Des marchands mécontents

Les commerçants de Limoilou, du Nouvo Saint-Roch et de la rue Maguire à Québec sont déjà regroupés en SDC. Dans tous les cas, le nouveau regroupement a été approuvé par une majorité de commerçants. Toutefois, certains petits marchands qui ont dû y adhérer contre leur gré peuvent trouver la cotisation salée.

C'est le cas de Sim Bo, propriétaire du restaurant asiatique Champa Maguire, qui doit assumer une facture de près de 1000 $. « On travaille sept jours par semaine. Ce n'est pas bon de payer tout ça. C'est trop cher pour nous », déplore-t-elle.

La cotisation est déterminée par chaque SDC en fonction de l'achalandage et de la superficie du commerce notamment.

L'Association des commerçants de l'Axe Montcalm a déjà entrepris les démarches pour se transformer en SDC. Si elle reçoit l'aval d'une majorité de commerçants, la SDC pourra être créée.

Des registres peuvent également être ouverts afin de permettre aux commerçants opposés à la création de SDC dans leur secteur de se manifester. En cas de forte opposition, des référendums peuvent alors être organisés.