Les chercheurs se mobilisent contre les compressions dans la recherche en santé

Des chercheurs protestent contre les compressions de 10 millions de dollars du gouvernement Marois

Le milieu de la recherche en santé au Québec se mobilise contre les compressions annoncées de 10 millions de dollars. Les dirigeants, les chercheurs et les étudiants des 18 centres de recherche en établissements de santé de la province invitent la population à faire pression sur le gouvernement Marois afin qu'il revienne sur sa décision.

Ces compressions, annoncées en décembre, représentent 13 % du budget du fonds de recherche en santé. Selon la coalition de scientifiques, elles vont compromettre des programmes de recherche et des traitements expérimentaux. Des laboratoires pourraient aussi devoir fermer.

« Ça a une incidence majeure. Travailler avec 10 millions en moins ça veut dire 85 % moins de bourses pour des étudiants à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat ou bien couper 50 % dans les bourses de chercheurs », explique Sonia Lupien, directrice scientifique du Centre de recherche Fernand-Séguin à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine.

Lors d'une rencontre de presse à Québec, une jeune femme de 23 ans, victime d'un grave accident qui lui a fait perdre la mémoire, est venue appuyer les chercheurs. « C'est grâce à la recherche que j'ai survécu et réussi à faire des progrès, que je suis debout et que je vous parle en ce moment », a témoigné Élianne Parent.

Les 18 centres de recherche en établissements de santé demandent l'annulation complète des compressions de 10 millions. Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, lui-même chercheur, n'a pas voulu commenter les décisions de son collègue Pierre Duchesne. Cependant, il admet que l'atteinte du déficit zéro représente un défi. « Il y a des choix à faire, la population nous demande de bien gérer les fonds publics », a-t-il soutenu.

Cette baisse de subvention pourrait inciter des chercheurs à s'exiler à l'extérieur du Québec. C'est ce que craint le chirurgien cardiaque Nicolas Noiseux. « Nous sommes très compétitifs au Québec, on a une bonne structure, on a de bonnes ressources, l'avenir était très prometteur, mais avec ces compressions annoncées, ça nous coupe l'herbe sous les pieds, ça va faire mal », affirme-t-il.

La campagne de sensibilisation de la population sera visible dans Internet. En guise d'appui, les 2300 chercheurs qui travaillent dans les laboratoires des hôpitaux et centres de réadaptation demandent à la population de porter un "x" rose et bleu symbolisant un pansement.

À Québec, ces compressions touchent les centres de recherche du CHU de Québec, de l'Institut universitaire en santé mentale et de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.