Décès de Richard Garneau : les hommages se multiplient à Québec

Mort de Richard Garneau : Les hommages se multiplient à Québec

La mort de Richard Garneau, survenue tôt dimanche matin, a des échos jusqu'à Québec, où il est né en 1930 et où il a laissé sa marque. Des amis, proches et anciens collègues de travail pleurent la disparition du vétéran journaliste et commentateur sportif.

Richard Garneau a vu le jour à Québec le 15 juillet 1930. C'est dans la Vieille Capitale qu'il a fait ses débuts en tant qu'annonceur, en novembre 1953, au microphone de la défunte station CHRC.

Diplômé de l'Université Laval et du Conservatoire d'art dramatique Francis-Synval, Richard Garneau se destinait à une carrière d'acteur. Il avait d'ailleurs tenu un rôle de figurant dans le film I Confess d'Alfred Hitchcock, tourné à Québec à l'été de 1952.

La télévision CFCM-TV de Québec lui a ouvert ses bras à la même époque. Dès 1957, il entre à Radio-Canada, où il passera les 33 prochaines années.

Gymnase Richard-Garneau

Un hommage spécial a été rendu à Richard Garneau l'automne dernier à Québec. La direction du Collège François-de-Laval (anciennement le Petit Séminaire de Québec), où il a étudié, a inauguré son gymnase fraîchement rénové et l'a rebaptisé en l'honneur du commentateur sportif, un finissant de sa promotion de l'année 1952.

« Ça a été des moments touchants. Le plus vieux gymnase à Québec porte maintenant le nom du gymnase Richard Garneau. C'est un exemple pour nos élèves », raconte Marc Dallaire, directeur du Collège François-de-Laval.

« Il me disait l'automne dernier qu'il avait appris la rigueur lors de ses études et c'est à lui qu'on doit notre programme de football, vous savez. C'est lui qui avait demandé à l'époque comme élève à l'abbé Godbout de former la première équipe de football », ajoute M. Dallaire.

Serge Arsenault, qui est derrière l'organisation du Grand prix cycliste de Québec, garde également un très bon souvenir de Richard Garneau, qu'il savait malade depuis quelque temps.

« Il est devenu pour moi un ami extraordinaire [...] Je ne dis pas que j'ai de la peine aujourd'hui, puisque moi, mon deuil a commencé il y a peut-être une quinzaine de jours. C'est la première fois de ma vie, même après la mort de mon père et de mes proches, que j'ai compris ce que représentait ou ce que voulait dire le mot deuil : cette espèce d'éternité d'absence », a confié M. Arsenault avec émotion.

Alain Goldberg, analyste de patinage artistique canadien Alain Goldberg, analyste de patinage artistique canadien

De son côté, Gilles Gosselin, ancien journaliste sportif de Radio-Canada à Québec, estime qu'un grand maître du métier a disparu. « C'est le monde du sport qui est en deuil aujourd'hui », dit-il.

« C'était un gars qui était en forme et qui ne faisait pas ses 82 ans, absolument pas [...] C'est un type qui a toujours été un amant du sport et qui pratiquait le sport », ajoute M. Gosselin.

Un duo inséparable

L'analyste de patinage artistique canadien Alain Goldberg estime que le départ de Richard Garneau crée un grand vide. Alain Goldberg et Richard Garneau ont commenté les compétitions de patinage artistique pendant 20 ans. Les deux hommes formaient un duo inséparable.

Gérard Potvin, ancien commentateur sportif à Radio-Canada Gérard Potvin, ancien commentateur sportif à Radio-Canada

« Ce qui est extraordinaire, c'est la générosité que Richard avait à mon égard et à l'égard des autres commentateurs aussi, sachant des milliers et des milliers de choses sans en faire étalage. Il laissait toute la place à ceux qui avaient à dire quelque chose », se souvient Alain Goldberg.

De son côté, Gérard Potvin, ancien commentateur sportif à Radio-Canada, estime que Richard Garneau a eu une influence considérable sur la profession. « Il y en a plusieurs, comme moi, qui ont copié évidemment sa façon de faire, car il était extraordinaire », dit-il.

Le maire Labeaume Le maire Labeaume

Un point de vue partagé par Louis Hardy, ancien commentaire sportif à Radio-Canada. « Garneau est arrivé avec sa prestance extraordinaire, sa voix, son vocabulaire, son respect de la langue française et là, les vannes étaient ouvertes finalement! »

Le maire Labeaume a également tenu à rendre hommage au défunt journaliste, qu'il qualifie de dramaturge du sport.

« Il pouvait transformer un 5000 m en épopée ou une tragédie extraordinaire. Non seulement il décrivait l'événement sportif, mais il le vivait complètement, il nous transmettait toute cette passion-là », a déclaré le maire Labeaume.

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