Crise de la légionellose : la Santé publique formule ses recommandations

La direction régionale de santé publique de la Capitale-nationale fait 10 recommandations à la suite de l'éclosion de légionellose

La Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale formule dix recommandations au gouvernement pour éviter une nouvelle éclosion de légionellose comme celle qui a fait 13 morts à Québec au cours de l'été.

Le directeur régional de la santé publique, le Dr François Desbiens, qui a rendu public son rapport final, jeudi, reconnaît qu'il existe un problème réel dans la gestion et le nettoyage des tours de refroidissement des bâtiments au Québec.

La Santé publique fait valoir qu'une réglementation est nécessaire pour mieux encadrer leur entretien et fait une série de recommandations. La Santé publique recommande la création d'un répertoire québécois des tours de refroidissement et d'un registre de leur entretien, de même que le développement d'une expertise dans le domaine de la légionellose pour que, advenant une éclosion, l'intervention soit plus rapide et plus efficace.

Le Dr Desbiens a confirmé par ailleurs que le conseil d'administration de la Régie du bâtiment venait d'adopter un projet de règlement visant à encadrer l'entretien et la désinfection des tours. Le projet de règlement sera soumis au gouvernement. « Nous sommes très confiants qu'au cours des prochains mois, ce règlement sera promulgué et que les propriétaires de tours sauront comment faire pour bien entretenir leur tour afin qu'une telle situation ne revienne pas », dit-il.

La bactérie très présente

Les cas liés à l'éclosion de légionellose l'été dernier à Québec provenaient tous de la même souche de la bactérie qui a été retrouvée dans la tour de refroidissement de l'immeuble de la Centrale des syndicats du Québec dans le quartier Saint-Roch.

La Santé publique souligne par ailleurs que la légionelle était présente dans plus de 60 % des tours analysées et 24 % contenaient la bactérie legionella pneumophila de serogroupe 1, une souche potentiellement dangereuse pour la santé.

La Dr Isabelle Goupil-Sormany, médecin-conseil à la Direction de la santé publique, affirme que ce constat est préoccupant. « Au Québec, on avait 20 ans de retard sur l'entretien, le contrôle, les mesures à appliquer en matière de légionelle dans les tours. »

La Santé publique note qu'elle a agi selon les informations et les moyens mis à sa disposition pour intervenir lors de la crise. « Il n'y avait pas de répertoire des tours, il n'y avait pas de registre de l'entretien des tours [...] On a dû faire avec », a affirmé François Desbiens.

La Direction de la santé publique a rappelé que durant l'éclosion, 70 bâtiments ont été visités, 131 tours de refroidissement inspectées et 213 prélèvements ont été effectués dans le cadre de plusieurs visites, jusqu'au mois de septembre.

La région de Québec a vécu l'une des plus importantes éclosions de légionellose décrites à l'échelle internationale.

Réactions

La ministre du Travail et députée de Taschereau, Agnès Maltais, appuie toutes les recommandations de la Direction de la santé publique. Mme Maltais est particulièrement favorable à celles touchant la création d'un répertoire de tous les édifices qui utilisent des tours de refroidissement à eau et surtout l'obligation d'en faire un entretien minutieux.

Tout l'automne, la Régie du bâtiment du Québec a travaillé à rédiger le règlement qui va encadrer l'utilisation de ces tours. Les nouvelles normes tiendront compte de plusieurs éléments du rapport, selon Charles Tanguay, porte-parole de la Régie. « Il y aura encadrement des procédures d'entretien des tours de refroidissement, création d'un registre obligatoire qui va consigner toutes les actions d'entretien. » Il ajoute que les amendes qui seront éventuellement imposées sont incluses dans la loi sur les bâtiments.

Il appartient maintenant au gouvernement de publier le règlement dans la gazette officielle pour que ce dernier entre en vigueur.

Rapport du directeur de santé publique