Quel avenir pour nos retraites?

Papiers White Birch : les retraités en colère

Les précisions de Cathy Senay

Les retraités de l'usine Stadacona de Papiers White Birch ne décolèrent pas. L'entente pour la relance de l'usine signifie pour eux une baisse de revenus de 30 %. Ils ne conçoivent pas qu'une telle décision ait été prise sans qu'ils puissent voter.

Dans son point de presse de mercredi matin, le président du regroupement des retraités, Gilles Bédard, n'a pas donné de détails sur d'éventuels recours judiciaires que les retraités pourraient intenter à la suite de l'entente intervenue pour rouvrir la papetière.

« Notre avocat est présentement à l'extérieur du pays, donc nous allons regarder au point de vue légal s'il y a des choses à faire. Il est dur pour nous de concevoir qu'en 2012, un pays civilisé ne permette pas à des gens de s'exprimer lorsqu'il s'agit de leurs affaires à eux », a-t-il affirmé.

M. Bédard souligne que le revenu annuel moyen des retraités est de 23 000 $ par année. Selon lui, ceux âgés de 75 ans et plus seront les plus touchés par cette baisse de revenus. « Plus du tiers de nos retraités ont 75 ans et plus, et ces gens-là ont des revenus entre 5000 $ et 15 000 $ par année. Quand on parle d'un revenu de 5000 $ amputé de 30 %, ça implique devenir sous le seuil de la pauvreté pour une grande partie d'entre eux. »

Les retraités mentionnent néanmoins qu'ils n'ont pas l'intention de menacer la relance de la Stadacona.

Réaction surprenante aux yeux du SCEP

Le SCEP s'est dit surpris de la réaction des retraités. Le vice-président Renaud Gagné souligne que sans cette entente négociée pour la relance de l'usine, les retraités auraient perdu plus que 30 % de revenus. « Dans cette négociation ici, il ne faut pas oublier que les gens de Québec, les actifs, ont perdu 20 % grosso modo de leur salaire plus 50 % de leur retraite pour permettre d'en avoir un peu plus aux retraités, N'eût été [cette entente], ils auraient eu moins 43 % au lieu de moins 30 %. »

Le syndicat et les retraités s'entendent néanmoins sur le besoin de changements législatifs pour mieux protéger les régimes de retraite.

Rappelons que l'usine de Papiers White Birch à Québec doit rouvrir ses portes le 2 août. Le gouvernement du Québec, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), Papiers White Birch et l'acheteur potentiel Black Diamond sont parvenus à une entente sur un plan d'exploitation.

Réplique de Sam Hamad à Produits forestiers Résolu

Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Sam Hamad, a de son côté répliqué au porte-parole des Produits forestiers Résolu, Pierre Choquette, qui affirmait cette semaine que l'aide financière accordée par Québec à Papiers White Birch nuisait à la papeterie d'Alma. « Lui, il aurait dû rester chez au lieu de sortir pour faire ces commentaires », a-t-il lancé d'entrée de jeu.

Sam Hamad a ensuite rappelé que Produits forestiers Résolu a aussi bénéficié de l'aide financière du gouvernement du Québec. « Résolu a été sur le respirateur artificiel et on a aidé cette entreprise à s'en sortir. On l'a fait pour les travailleurs, pour les retraités et leur régime de retraite, pour permettre à Résolu, aujourd'hui, d'être en vie et de créer des emplois. »

Selon Pierre Choquette, si Papiers White Birch relance la production originale de son usine, Produits forestiers Résolu pourrait devoir fermer une machine à papier à Alma, qui fabrique elle aussi du papier annuaire.

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