Bousculade à l'hôtel de ville : le maire refuse de commenter

La tension monte à Québec au lendemain de la bousculade à l'hôtel de ville

La bousculade de mardi à l'hôtel de ville de Québec impliquant le maire Labeaume, des membres du conseil municipal et des citoyens a provoqué son lot de réactions mercredi. Jusqu'à maintenant, la Ville de Québec a cependant fait preuve de réserve dans ses commentaires au sujet de l'incident.

Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a commenté l'affaire mercredi après-midi. Il a dit appuyer clairement l'administration Labeaume dans l'adoption du règlement plus stricte qui encadre les manifestations.

Toutefois, le ministre Lessard est resté plus évasif sur la façon dont les manifestants et les élus se sont comportés à l'hôtel de ville.

« À chacun son tempérament, puis écoutez, dans ce genre d'événement-là, ça ne crée pas des conditions favorables pour nécessairement prendre les bonnes décisions », a-t-il indiqué.

Une page Facebook demandant la démission du maire Labeaume a été mise en ligne. Une page Facebook demandant la démission du maire Labeaume a été mise en ligne.

L'incident a aussi généré son lot de réactions sur les réseaux sociaux. Quelques heures après la bousculade, une page Facebook réclamant la démission de Régis Labeaume a été mise en ligne. Elle compte déjà plus de 400 adeptes.

De son côté, le maire Labeaume a refusé de commenter l'événement de mercredi après-midi. Plus tôt dans la journée, il a demandé aux représentants des médias de respecter son devoir qui exige qu'il ne fasse aucune déclaration dans ce dossier. « Mon devoir et mes responsabilités exigent que je ne fasse, pour le moment, aucune déclaration sur les événements d'hier », a-t-il dit.

La bousculade impliquant le maire Labeaume s'est déroulée à la salle du conseil municipal, vers 14 h, dans la foulée de l'adoption du nouveau règlement sur les manifestations. Le chef de cabinet du maire Labeaume, Louis Côté, a poussé un citoyen qui, à son tour, a poussé dans le dos le conseiller municipal Steeve Verret, qui est tombé. Le citoyen en question, un professeur en littérature du Cegep de Sainte-Foy, a été arrêté pour voies de fait. Il a raconté mercredi sa version des faits.
Claude Boutin, directrice des communications au Cégep de Sainte-Foy. Claude Boutin, directrice des communications au Cégep de Sainte-Foy.

Au Cégep de Sainte-Foy, où enseigne celui qui a été arrêté à l'hôtel de ville, on trouve regrettable le dénouement de l'incident de mardi. On ne jette cependant pas le blâme sur quelqu'un en particulier.

« Tout ce qu'on voit en ce moment, c'est ce qu'on a pu constater sur le vidéo [...] Je ne vois pas ça d'un côté ou de l'autre pour l'instant. On n'est pas heureux de ça, voir un de nos employés se faire menotter à la télévision. C'est regrettable », a commenté Claude Blouin, la directrice des communications au Cégep de Sainte-Foy »

Manifestation du 22 juin

De leur côté, les quatre principales associations étudiantes déplorent le nouveau règlement adopté par la Ville de Québec qui interdit d'être présent à un attroupement sur le domaine public entre 23 h et 5 h.

Selon elles, ce nouveau règlement risque d'enflammer le débat et d'entraîner une plus grande mobilisation étudiante lors de la manifestation du 22 juin qui doit se tenir à Québec.

« Ça ne règle absolument pas le problème, il y a un regain de mobilisation, donc évidemment, il se peut bien que le 22, finalement, le maire Labeaume ait moussé la participation », a affirmé la porte-parole de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Jeanne Reynolds.

Des représentants de 3 des 4 associations étudiantes seront à Québec lors de la manifestation du 22 juin. Selon Jeanne Reynolds, il se pourrait que ce soit la plus importante manifestation depuis le début du conflit, la veille de la Fête nationale.