Le départ de Jacques A. Bédard continue de soulever des questions

Le reportage de Cathy Senay

La publication par la Ville de Québec de la lettre de démission de Jacques A. Bédard continue de faire couler beaucoup d'encre à Québec.

L'ex-directeur général de la Ville de Québec, Denis de Belleval, n'est pas étonné du contenu de la lettre de démission de Jacques A. Bédard, qui a été rendue publique mardi. Il estime que l'ex-directeur du projet d'amphithéâtre est un homme de confiance rigoureux et crédible.

Denis de Belleval Denis de Belleval

Dans sa lettre, Jacques A. Bédard soulève un problème de gouvernance au sein du projet. Denis de Belleval croit que les contribuables ont droit à un minimum d'explications de la part de la Ville de Québec. « C'est sérieux, donc il faut que les décideurs publics en tiennent compte et répondent aux questions que ça soulève », affirme-t-il.

De son côté, la députée péquiste Agnès Maltais soutient que les craintes de dérapages évoquées par Jacques A. Bédard dans sa lettre de démission méritent d'être éclaircies.

Selon la députée, la lettre de démission de l'ex-directeur du projet soulève un doute sur le bon déroulement du dossier. « Ce qui m'interpelle, dans la lettre de M. Bédard, c'est un paragraphe où il dit qu'il y a une mécanique qui peut amener des dangers de collusion. C'est sur ce sujet-là, je pense, que nous méritons tous des explications de la part du gouvernement. »

La députée Agnès Maltais La députée Agnès Maltais

Mme Maltais soulève le fait que des rencontres régulières ont lieu entre la Ville de Québec et le gouvernement par le biais d'Infrastructure Québec. Elle aimerait que le gouvernement dévoile les mécanismes qui ont été mis en place pour contrer les risques de collusion dans le projet d'amphithéâtre.

Rappelons qu'Agnès Maltais a soutenu le maire Labeaume dans sa démarche pour faire adopter la Loi 204 qui met l'entente sur la gestion du futur amphithéâtre à l'abri de toute poursuite judiciaire. Cette entente a été signée entre la Ville de Québec et Quebecor Media.

De son côté, le président de l'Ordre des architectes du Québec, qui a toujours été critique à l'égard du projet, veut lui aussi des explications.

André Bourassa affirme que le départ de M. Bédard est un malaise de plus dans ce dossier. Depuis le début, il dénonce la structure compliquée du projet d'amphithéâtre, qu'il qualifie d'inventée et de complexe.

« On est là pour la protection du public et on a voulu relever des choses au bénéfice de tous. À chaque fois, plutôt que d'avoir des réponses, on s'est fait rabrouer par toutes sortes de qualificatifs tantôt gentils, tantôt moins, mais qui n'allaient pas sur le fond de la question », dit-il.