Hausse des droits de scolarité : les étudiants reviennent à la charge

Le reportage de Nicole Germain

Les associations étudiantes dénoncent une fois de plus la décision du gouvernement Charest de hausser les droits de scolarité. Selon les associations, cette hausse ne réglera rien au problème de sous-financement des universités.

C'est du moins ce que prétend la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL) qui s'appuie sur une étude commandée à l'Institut de recherche en économie contemporaine. Selon cette étude, la hausse des droits de scolarité entraînera des coûts supplémentaires pour les programmes d'aide financière aux études, notamment en raison d'une augmentation de demandes de prêts et bourses de la part des étudiants.

Sébastien Harvey, président de la CADEUL, soutient que les universités du Québec recevront ainsi beaucoup moins que les sommes prévues. « Il y avait environ plus de 200 millions qui allaient être investis dans les universités directement. L'étude, ce qu'elle prouve, c'est qu'il y a des coûts supplémentaires que ceux-là qui ont été omis et qu'il y aurait finalement moins que 150 millions de dollars qui seraient investis directement dans nos institutions. Donc, nous, on se pose la question : "Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle?" », s'interroge Sébastien Harvey.

Un des auteurs de l'étude, l'économiste Jules Bélanger, estime pour sa part que la hausse des droits de scolarité aura une incidence sur la fréquentation des universités. « Il y a des étudiants qui vont décider de ne pas participer à des études universitaires », dit-il.

Les étudiants prévoient deux manifestations, le 23 février à Québec et le 22 mars à Montréal, pour souligner de nouveau leur opposition à la hausse des droits de scolarité.

Rappelons que le gouvernement Charest a décrété une hausse de 1625 $ des droits de scolarité sur cinq ans. La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) n'écartent pas la possibilité de déclencher une grève générale d'ici la fin de la session si le gouvernement Charest maintient cette hausse.

Sur le campus de l'Université Laval, la décision sera prise par chaque association départementale ou facultaire.