Le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a parlé lundi au président de Papiers White Birch, Christopher Brant, qui se dit prêt à rouvrir l'usine Stadacona de Québec si les conditions économiques sont « viables ».
La solution, selon Sam Hamad, dépend du propriétaire et des travailleurs. « On ne peut pas régler le problème entre la direction et les travailleurs. Exceptionnellement, on manifeste notre intérêt à aider les deux parties à se rejoindre quelque part », a déclaré le ministre en marge d'un point de presse à Montréal.
Un médiateur du gouvernement tente actuellement de rapprocher les deux parties.
À l'instar de son collègue Clément Gignac, Sam Hamad a rappelé que l'aide gouvernementale peut prendre différentes formes. « On veut aider pour les régimes de retraite. S'il y a des modifications à amener, on sera prêts à le faire. S'il y a des investissements à faire dans l'usine, nous serons prêt, mais on ne paiera pas à 100 % », a-t-il précisé.
Sam Hamad rencontre le syndicat des travailleurs mardi.
Le maire Labeaume furieux
Plus tôt, le maire de Québec, Régis Labeaume, a dénoncé les pratiques de l'actuel propriétaire Peter Brant, qu'il juge de mauvaise foi. M. Brant voudrait vendre l'entreprise à son fils, Christopher, mais sans le déficit de la caisse de retraite, s'indigne le maire. « Si le propriétaire est de mauvaise foi, ça ne donne strictement rien. Et là, j'ai un problème parce qu'il veut vendre à Black Diamond, qui appartient à son fils. Ça me semble tout ça assez tordu. Alors, voyez-vous, chercher une solution quand vous avez des capitalistes qui travaillent sur des solutions tordues comme celles-là, disons que je me motive en sachant que je pourrais aider les 600 familles », a déclaré le maire Labeaume lundi matin.
Le maire Labeaume a ajouté qu'il n'entendait pas donner de congé de taxes à Papiers White Birch ou encore fournir à rabais la vapeur de l'incinérateur, utile à la Stadacona, si la direction ne fait pas preuve de sérieux dans sa volonté de relancer l'usine.
Il mentionne aussi que si l'usine était à vendre, une coopérative constituée avec les anciens employeurs pourrait être une solution à envisager.
Régis Labeaume encourage par ailleurs les travailleurs à déposer leur contre-proposition et à poursuivre les efforts pour sauver l'usine Stadacona malgré l'attitude des propriétaires actuels.
Des travailleurs qui manifestaient devant l'usine lundi appuient le refus du maire, même si leurs emplois sont en jeu. « Nous, on a donné, on a coupé des postes, on pensait toujours l'aider [Papiers White Birch] à survivre. Il a raison, M. Labeaume, de ne pas lui donner », a dit un travailleur.
La direction de Papiers White Birch a annoncé la semaine dernière la fermeture définitive de l'usine de Québec, qui employait 600 travailleurs.