Une centaine de travailleurs et de retraités de Papiers White Birch, à Québec, ont bravé le froid et ont manifesté mardi après-midi contre la fermeture de l'usine Stadacona, survenue le 9 décembre dernier.
Les 600 travailleurs mis à pied temporairement et les retraités de l'entreprise étaient conviés à ce piquetage. Ils ont reçu l'appui du député Amir Khadir, de Québec solidaire, qui a manifesté avec eux.
« Si le gouvernement Charest, actuellement, avec le Plan Nord, est prêt à investir des milliards et des milliards de dollars soi-disant pour créer des emplois, eh bien je lui rappelle qu'il y a des emplois en jeu ici, dans la ville même de Québec. Le maire Labeaume pourrait être plus actif de la même manière qu'il a mis presque à feu et à sang la scène politique québécoise il y a quelques mois. Qu'il brasse la cage du gouvernement et qu'il lui demander d'agir », a déclaré Amir Khadir.
L'usine Stadacona est fermée pour une durée indéterminée. La direction de Papiers White Birch dit avoir pris cette décision en raison du contexte financier difficile. L'entreprise est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis deux ans. Un acheteur potentiel, Black Diamond, offre 150 millions de dollars pour acquérir la papetière, mais demande la fin du régime de retraite des employés.
Les travailleurs de Papiers White Birch gardent espoir de conserver leurs emplois et demandent à la direction de rouvrir l'usine.
Les discussions entre le syndicat et la direction de Papiers White Birch sont rompues depuis plusieurs semaines, mais un conciliateur du ministère du Travail est présent au dossier.
Vers la création d'une coopérative?
L'un des anciens présidents de l'usine, André Sarrasin, maintient que si Papiers White Birch décide de cesser ses activités à Québec, la création d'une coopérative est une solution réaliste pour maintenir les emplois et préserver les fonds de pension des travailleurs.
Le vice-président du SCEP, Renaud Gagné, croit que l'investissement serait trop important pour les travailleurs, d'autant plus qu'il faudrait investir des millions de dollars pour faire de la cogénération et aménager une ligne de raffinage.
André Sarrasin rétorque qu'il existe des solutions. « White Birch a investi beaucoup dans l'usine. Ce n'est pas une usine qui est flambant neuve, mais l'équipement qui est dedans a été rénové. C'est une usine qui fonctionne à 93 % d'efficacité », soutient-il.